‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 60 sur 238 · LE DÉPART ET LA VICTOIRE · texte numérisé non relu

LE DÉPART ET LA VICTOIRE

5 septembre 1914.

Le gouvernement de la République quitte Paris devant la probabilité d'incursions allemandes dans les environs de la capitale.

Un gouvernement, quel qu'il soit, ne peut délibérer, commander ni traiter qu'en possession de la plénitude de ses pouvoirs. Une des raisons qui nous ont de tout temps éloignés de la République, c'est que cette sorte de régime est insuffisamment libre, surtout par rapport à ses électeurs, à ses argentiers et aux colonies des étrangers de l'intérieur. Nous ne pouvons que l'approuver de vouloir du moins se soustraire à toute influence de l'Étranger du dehors, notre envahisseur. Le salut national était à ce prix.

Comme l'explique la proclamation gouvernementale, il tombe sous le sens que cette utile retraite signifie avant tout l'énergique résolution de résister jusqu'à la victoire. Charles VII avait reculé sa capitale jusqu'à Rourges. Le vieux Louis XIV, à la veille de Denain, parlait de renvoyer la cour sur la Loire, avant d'aller prendre en personne le commandement de ses dernières troupes. Ces épisodes de nos plus vieilles annales montrent que le centre de l'Étal français est établi sur un point excessivement rapproché des limites du territoire. Les progrès des moyens de communications ont réduit encore la distance de notre capitale aux frontières de l'Est et du Nord.

Les chemins de fer, les télégraphes, l'automobi-

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lisme ayant ainsi diminué une sécurité qui déjà était fort précaire, une politique prévoyante aurait dû parer depuis longtemps à ce danger, soit en interdisant la formation de grandes unités nationales sur notre côté le plus découvert soit encore en nous arrondissant du côté du Rhin. Après les invasions de 18ii et de 1815 qui auraient dû servir de leçons, nous avons suivi une voie diamétralement opposée. VA\e nous a conduits à 1870 et, comme nous y avons [lersévéré, voici 1914 qui nous menace d'une quatrième insulte aux franchises du sol parisien. Quatre invasions en un seul siècle, ce sej'ait beaucoup trop! Cette fois, l'ennemi en sera pour des menaces vaines. Nulle possibilité de succès ne lui est laissée, si nous tenons, si nous jurons, comme on l'a juré, de tenir et de durer,

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