VIVI-: LA NATION. ir.i
(le leurs bras et couvrcnl do baisers celle arme de sailli. Les oTliciers rélléciiis qui ont vu la scène se sont dit IrèscerlainemenUiu'un émule de Krupp peut être le plus précieux et le plus bienfaisant des amis de l'humanité. De même qu'on ne tire pas le canon contre les idées, on ne lance pas les idées contre le canon, surtout des idées fausses, surtout des idées contradictoires! La vérité humaine, d'accord avec toutes les vérités françaises, est qu'on ne vient à bout du fer et du feu qu'au moyen du feu et du fer. Encore faut-il savoir manier ces armes et les utiliser et, pour les utiliser, ne point se faire de chimère. M. Wells, qui a beaucoup de talent, est-il très raisonnable de prêcher avec tant de passion une croisade contre Krupp et (Guillaume tout en disant aux Allemands qu'il n'en veut pas à leur « unité «? D'autres révolutionnaires font chorus et déclarent que, l'Alsace et la Lorraine une fois reconquises, on laissera la douce Germanie aux braves Germains. Combien se montraient plus sensés les écrivains de la BalaUle syndicaliste qui souhaitaient voir s'établir non pas certes une, mais plusieurs Républiques, beaucoup de Républiques, en Allemagne! La paix et la liberté des peuples européens ne s'établiront qu'à ce prix. Veut-on absolument négliger celle condition? C'est parfait, mais aussi tout sçra à recommencer avant peu d'années. Qui sei-a attrapé? Sans doute M. Wells et ses approbateurs d'aujourd'hui, mais aussi et surtout le malheureux public qu'ils auront induit en erreur. On trouve nos conditions impitoyables. Ne voit-on pas que c'est de notre côté qu'est la vraie pitié? C'est nous qui nous affligeons à la pensée des
charniers à venir qu'amoncellera le simple effet dune grande erreur. Evitez cette erreur. Vous épargnerez aux hommes futurs de nouveaux massacres. Je sais qu'on appelle ces erreurs-là des « idées modernes j>. Les pauvres vieilles ! Admirez ce qu'elles pesèrent à Vienne, à Berlin dans la conscience des plus « modernistes », je veux dire des plus avancés des politiciens d'Autriche et d'Allemagne. Elles n'ont rien pesé du tout devant l'idée de la nation. Et c'est l'idée de la nation qui soulève aujourd'hui Paris et nos provinces. L'idée de nation est la reine du monde. Il n'y a au-dessus des nations que la papauté et la fraternité catholique. Tout le reste pâlit devant cette idée dominante. Tout le reste tombe au néant. Si la propagande républicaine ou démocratique pouvait apporter un millionième de puissance réelle à la défense de la nation, en notre qualité de nationalistes avant tout nous serions les premiers à pousser de ce côté-là. Des « vive la République! » ou des « vive l'Humanité! » qui sauveraient la France et qui écraseraient la barbarie germanique seraient les bienvenus! Mais nous ne voyons plus nulle part de trace bien forte d'un sentiment qui fut si fort : en France comme ailleurs et, plus qu'ailleurs peut-être, c'est le Nationalisme qui ébranle, et qui emporte tout. Il n'y a plus qu'un cri de Vive la Nation! L"èrc du patriotisme conditionnel est finie. De la guerre et de la victoire, sortira un patriotisme épuré, un patriotisme sans conditions, mais avec toutes ses conséquences d'organisation, de force, d'union, de prospérité et d'ordre public.