‹ Les conditions de la victoireChapitre 110 sur 204 · VEUT-ON DU MAL AUX BOCHES · texte numérisé non relu

VEUT-ON DU MAL AUX BOCHES

Nous nous bornons à énoncer quelques idées simples :

h II ne faut pas séparer les Allemands de leurs empereurs, princes, rois, chefs de guerre; leurs savants, leurs chefs d'industrie, leurs poètes, leurs députés socialistes pensent exactement comme Guillaume et son héritier. On fera toutes les exceptions personnelles qui conviendront, mais on ne tiendra pas compte de catégories qui n'ont pas d'importance en l'afTaire. On en tiendra d'autant moins compte que les premiers murmures contre Guillaume II ne parlent pas, comme on pourrait le croire, du peuple, mais des grands, et la plupart des rares actes d'humanité qui ont été relevés au compte des Boches paraissent provenir de catégories que les journaux révolutionnaires flétrissent sans savoir pourquoi.

"I'* Nous disons aussi que la dissolution de l'unité allemande s'impose. Nous n'avons jamais proposé

200 LK J'AlU.hML.M ^h KÉl'NIT.

celte opération comme destinée à faire souffrir dans leur personne les citoyens allemands. L'étal de division eut pour eux sa douceur. Ils s'en accommodèrent souvent. On pourrait leur rendre supportable et aimable celle existence dénuée d'éclat militaire el de prestige politique. Ses meilleurs philosophes, ses grands musiciens appartinrent à cette époque de l'Allemagne morcelée. Il esl bien singulier qu'un verdict politique prononcé contre une entité politique et ne comportant de sévices contre qui que ce soit ail le don d'irriter à ce point les socialistes, et de leur paraître un fruit constant de notre malice. Ces messieurs oublient toujours de démontrer que nos calculs sont faux, mais, s'ils crient au mauvais calcul, ils ne manquent jamais d'en attribuer la génération à la haine. Mieux vaudrait plus de preuves et moins de cris. Nous comprenons qu'on tienne à l'unité allemande quand on croit à l'avenir de l'internationale socialiste, el qu'on veut la rabibocher ii tout prix. Nous comprenons moins que la faillite de juillet-août lOli n'ait pas dégoûté de ce mauvai.<î rêve. Mais peut-être ces cris sont-ils destinés à faire oublier vingt-cinq ans d'illusions et de duperies, proposées ou imposées au peuple français.

.V Nous disons que ni la Républicpie ni la démocratie n'entraîneront le développement pacilique de l'Allemagne. Nous le montrons par l'analyse des éléments que le parti guerrier a fanatisés : éléments industriels, commerciaux, ouvriers. Nous le montrons par l'expérience historique de tous les peuples, à remonter des vingt-cinq ans de guerres révolutionnaires et impériales en France, jusqu'aux agitations

Page 1