Article rédigé en collaboration avec Maurice Pujo
POUR SERVIR LA FRANCE 203
que rimportani aujourd'hui est de vaincre, cl que, pour la victoire toutes les forces vives du pays devaient ^tre utilisées dans leur plénitude.
Quand donc, en août dernier. Monseigneur le Duc d'Orléans demandait à servir le drapeau français, il ne sonj^eait pas seulement à satisfaire les nobles élans de son cœur, les impulsions d'un sang qui a foulé si souvent, de siècle en siècle, pour la patrie. Sa haute raison de patriote, chef de la Maison de France, responsable, môme dans l'exil, d'une partie «le la fortune de la France, lui disait qu'il serait beau et utile au Pays qu'il put le servir en personne, les armes à la main.
Le fait de sa présence dans les armées aurait été hautement significatif de l'oubli absolu de tout ce ([ui n*était pas la lutte contre l'étranger. Cette preuve «le paix publique, de concorde nationale, de coopération de tous à la victoire, ne pouvait que servir et multiplier l'effort de la nation. Le prestige du gouvernement, quel qu'il fill, en était relevé. Q'^î^'^l' aux royalistes, les cent-quatre-vingt-deux listes déjà publiées de morts, de blessés, de soldats décorés ou portés à l'ordre du jour, tous dévoués au principe et à la personne de Monseigneur le Duc d'Orléans, montrent que leur dévouement à la Patrie n'avait pas besoin d'être stimulé : mais quelle joie nouvelle, quel réconfort leur eiU donné, en outre, le sentiment (jue tous les Français sans exception, sans la haute exception stipulée par les lois d'exil, se trouvaient réunis cl en armes contre l'ennemi! Quant aux impressions des partis adverses. Monseigneur le Duc d'Orléansconna!tass^"l"'<^'^^-^Frnneppoijrsavoirqne,
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s'il a des adversaires, il n'a pas d'ennemis, el que, 8*il est ignoré de beaucoup, il a le bonheur de n'élre haï de personne. La démarche qu'il faisait en août 1914 auprès de M Messimy,pour lui demander place dans notre armée, était donc dictée par le sens d'un intérêt national.
Soldat-né, ancien officierde chasseurs à pied dans l'armée des Indes, attaché à Télat-major de lord Roberts, sachant comme pas un conduire, manier, entraîner uno troupe, doué d'un sens du terrain qui fit toujours l'admiration des spécialistes. Monseigneur le Duc d'Orléans offrait, avec son épée, des services militaires d'une valeur reconnue par Ions ceux qui l'ont vu à l'œuvre.
Si le Prince se faisait des illusions, elles « lu.. ..t belles et conformes à la générosité de l'esprit français. Quand M. Viviani lui eut répondu que les lois d'exil lui interdisaient l'armée française. Monseigneur le Duc d'Orléans se fit un devoir de prendre au mot le passage de la dépèche ministérielle où il était « engagea s'enrôler dans le< nninM-v; nini^^ ou alliées qui combattent à nos côt«
Non plus sous nos drapeaux, mais sous los couleurs fraternelles de la Belgique, de l'Angleterre ou de la Russie, le Fils de France espérait remplir ses deux devoirs : de servir sa Patrie et de donner aux bons Français un exemple de patriotisme, de discipline civique et d'apaisement national. Là, malheureusement, commencèrent des déceptions nouvelles, dont quelques-unes sont connues du public, el dont nous devons continuer le récit. Récit dans lequel nous ne parlerons que de ce que nous avons appris
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comme lémoins directs ou par des documents que nous avons sous les yeux, —sans manquer d'ailleurs aux règles de la discrétion qui convient.
Monseigneur le Duc d'Orléans enlrelientles meilleures relations avec tous les souverains alliés, dont il est le parent ou l'ami d'enfance, et qu'il tutoie tlans rinlimité. A toules ses démarches olliciclles, les souverains répondirent en manifestant de la façon la plus cordiale, par les procédés les plus délicats, les senlimonls dont ils étaient animés à son égard. Partout, néanmoins, le Prince devait se heurter aux obstacles qui provenaient de l'alliance.