‹ Les conditions de la victoireChapitre 123 sur 204 · IMPERFECTION? OU* VICES CONSTITUTIONNELS · texte numérisé non relu

IMPERFECTION? OU* VICES CONSTITUTIONNELS

• Simples imperfections », dit le Tcmn^ niiioiir- (rtnii.

Cependant, le !!♦ mars, au soir où M. UiboL prononça son grand discours, le Temps fil flamboyer les paroles suivantes sur < raclion politique » dont il déplorait les effets dominateurs sur notre « \i<' économique » :

« Que les gouvernants fassent leur examen de conscience, ils se rendront compte si la politujue fiscale et sociale qui a été pratiquée n'a pas favorisé et rendu possible celte in/iltratton industrielle et commerciale de nos ennemis. Qu'ils reprennent la série des prétendues € réformes w dont un grand nombre n'avaient de justification que dans le dcsir de plaire à leur clientèle : ils verront quelle influence néfaste devaient avoir ces mesures hftlivement étudiées, bâclées, se superposant cl s'enchevôtrant dans un désordre inouï. Quel est celui d'entre eux qui aurait appliqué dans la conduite de ses propres afl'aires le décousu des méthodes avec lesquelles la France était condamnée à gérer les siennes? Et sur qui pèse la responsabilité de Véloignement des capitaux français pour les entreprises de ce pays, sinon sur ceux qui les condamnaient, sous couleur de progrès social, au régime d'insiabilité et d'incertitude le plus énervant? »

Tout cela est du Temps. Est-ce laveu d'une imperfection ou la critique de l'essence d'un État? La

France ron'fnmri'h- h gérer ses afl'aires avec un dé-

'222 LE PMu .h. Ml. M .s h HhLMT.

COUSU que personne, pas môme les « gouvernants » qui en onl vécu, n'aurait voulu appliquer à des alTîiires personnelles! Le Temps veul inculper sans (Joute les hommes, et non Tinslilution démocratique républicaine, mais le Temps sa'ii bien que Tinculpation ne vaut que le prix de son papier * la succession ou la division propre au régime fait disparaître toute conséquence des fautes, des délits et des crimes qui ne sont que d'ordre politique. Personne ne les paie ni ne peut les payer, le beau mot de responsabilité ^crit par le Temps est écrit sur l'eau. Cet étal décousu, où personne n'est même responsable de son incohérence, n'est pas un Etal impartait, c'est un Etat qui n'en est pas un, qui n'est pas normal, disionsnous avec celte grande modération qui n'empêchait pas notre patriotisme, notre amour de riiumanilé française, de frémir en songeant à tout le sang, it tous les deuils, à toutes les ruines que devait causer, en se croyant innocent (et en l'étant même î) \m Etat ainsi fait ou pour mieux dire, ainsi défait

Voici qui était plus t^M-HMe *-r - !•'••- •>

du 10 mars :

€ Par une contradiction inexplicable^ \i\ où les afTaires d'origine et d'administration purement françaises se heurtaient à des difficultés et à des tracasseries innombrables, celles qui auraient du passer pour «i/> bénéficiaient de véritables eKcoi/r«9c»«tfnte. Chacti le traitement de faveur dont les entreprises alleiiiaailo étaient entourées dans nos prop'es colonies, et lu politique de luiiisification à rebours que radininistralion française pratiquait parfois à leur endroit. »

Donc, l'État que le Temps avouait anormal, apparaissait, de plus, n'ôtre pas national. Cet État étiqueté

. l \ l'KL D'HISTOIRE ». 'i^

français» ne dounail pas aux choses de France la préséance naturelle sur les choses de l'étranger ! Les aveux du Temps sur ce dernier point n'ont pas été aussi fréquents (juc sur le premier; mais, on peut le dire, ils rattrapaient le terrain perdu! Nous étions fondés A résumer ainsi la question dan !' ^-' française du 19 mars :

l/aclion politique de cette République tendait à in quiéter les capitaux français et à les éloigner; elle soumettait le travail au légimc de l'instabilité, du tlésordre, du décousu. L'ennemi était donc secondé : i adirer tement, par le jeu naturel du gouvernement des partis en querelle et des surenclières imposées à chacun d'eux par la démocratie; directement, par tout ce •qu'obtenait un tllat monarchique actif et fort d'un Ktat républicain faible et inerte, mou et trahi. Par ce double travail, l'un extérieur, l'autre intérieur, nous nous étions si bien expropriés de la France qu'après nous avoir tout pris, l'Allemagne croyait pouvoir nous prendre nous-mêmes î

A propos d'un Étal ainsi bàli, d'un Ktat ni normal, ni même national, parler de simples imperfections, c'est se moquer du monde. Ce qui est dit est dit, l'écrit du Temps estécrit,etla France en profitera!

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