L ANNEXION. LE RHIN : ENCORE LES ALSACES POSSIBLES
Or, sur cette question du Rhin, les autorités militaires semblent unanimes : les obstacles naturels, si appréciés des peuples en guerre, depuis la création «lu monde, sont loin d'avoir perdu de leur force. En modernisant, l'art de guerre ajoute une valeur Ile à tous ses anciens éléments.
^ on oppose une question préalable à toute
e d'annexion. En se prononçant de la sorte, Marcel Sembat se croyait un homme de progrès. Je crois bien lui avoir montré ici qu'il était l'immobilité même; de l'état d'esprit germanique ou germanisant des populations de Trêves, Aix-la-Chapelle, Cologne, il déduisait que cet état ne serait pas modifié. Pourquoi? Sur quel indice? Elles étaient à domi-françaises de cœur au xviii« siècle. Nous avons donné un cœur et un esprit français à
vallée de l'Ill. Pourquoi ne donnerions-nous' ou ne rendrions-nous pas ce même cœur, ce même esprit à la basse Moselle? Il y a de ce côté des AUaces possibles. De quel droit, pour quel fait, en désespérerions-nous, si nous ne désespérons pas de notre vitalité?
L'ordre allemand, l'expansion allemande ont ébloui ces peuples? Laissés à l'Allemagne vaincue, ils entreraient dans une période de désordre et de
décadence. En arrachant ces peuples du Rhin aux conditions nouvelles d'une Allemagne démembrée tributaire, en leur dispensant les bienfaits d'une France puissante et heureuse, il n'est pa% impossible de nous les rattacher.
Cela souffre des objections? Sans doute. Mais pas les vôtres. Si vous voulez le progrès de la civilisation, ce retour du Rhin inférieur à ses anciennes mœurs françaises devrait aller de soi. C'est d'un point de vue jalousement nationaliste que Raoul Ponchon nous disait :
Et qui parle de conquérir La moindre province allemande ?
... La France, dis-je, en s'appuyant Un peu de Bochie, et croyant, En quelque manière, s'accroître Me ferait vaguement l'effet D'un être beau, brave et bien fait Qui rêverait d'avoir un c-oître....
L'admirable poète, ^uc je crois bien avoir aperçu cette année, à la messe du 21 janvier, passe pour être aussi nationaliste que son camarade et ami Bouchor verse dans l'esprit révolutionnaire le plus naïvement coco. Les idées de Ponchon ne sont pas aussi rares qu'on le supposerait chez les patriotes et les royalistes. Une lettre éloquente et précise de M. de la Rochemacé, délégué régional de Monseigneur le Duc d'Orléans, m'exprimait, au commencement du mois de mars un sentiment identique à celui que Ponchon mettait en vers dans le Journal du 29. Leurs objections ne m'empêcheront pas d'être annexionniste résolu : mais elles comptent!
UNITÉ OU DIVISION ALLEMANDE. tfl