‹ Les conditions de la victoireChapitre 130 sur 204 · POUR ARRONDIR LE TERRITOIRE · texte numérisé non relu

POUR ARRONDIR LE TERRITOIRE

Si la défonse militaire des Gaules veut de» garanties sur le Rhin, si, d'autre part, le mouvement historique de la civilisalion souhaite en outre que i'activilé nationale se porte graduellement de ce même côté, il faut y aller dans des conditions qui assurent notre succès. Or il serait certainement inepte de vouloir improviser sept millions de nouveaux Français soumis aux mêmes devoirs et revêtus des mêmes droits que nous, électeurs, éligibles, souverains et, par là capables d'aggraver cette influence germanique dont il s'agit premièrement de délivrer la France et le monde. Éternel candidat à la civilisation, le Germain ne se civilise qu'à la condition de ne pas se sentir en force : l'idée de sa faiblesse est la condition de son perfectionnement.

Serait-il traité en sujet et en prolégé? Il faudrait craindre alors ces exactions et ces violences qui ne sont que trop familières à tout gouvernement électif envers les gens qui ne participent pas à son élection : ce système d'un protectorat plus ou moins

roconsulaire risquerait de changer en aversion

lolente toutes les chances d'affinité, d'assimilation, ! amitié. Le système de l'absorption pure et simple ne pouvant tarder à nous révolter nous-mêmes, il faudrait un n^gime mixte, dont le modèle n'existe malheureusement pas dans l'immense arsenal des lois, coiistilulions et réglementations de la Démocratie : le p'gime établi au xvu* siècle pour les Flandres françaises et pour l'Alsace, le contraire du régime mis en usage à la fin du zviii* siècle et au

cornmencemeni du xix* pour In Belgique et le long du Bliiii! Jadis, la réunion à Tltlat politique ne comportait aucune part à la nomination du souverain, tout désigné par Thérédité, elle n'entrainail, à aucun dr^ré, ruiiilormité administrative : 1«'S nouveaux Français étaient trailés constamment en étrangers de choix, qu'il s'agissait d'acquérir, non de con(|uérir, et t|ue l'on savait se concilier. Les notables en appréciaient directement les avantages et, comme la montré pour l'Alsace M. Beuss, la ma.sse de la population, traitée avec libéralité et bon sens ne s'apercevait gurre du changement de direction qu'à la su|»ériorilc du régime administratif ri judiciaire. Motivée par des nécessités militaires et des postulats civilisnleurs, l'annexion ne sera donc réalisable que par l'assouplissement et le perfectionnement de l'État frantjais- Notre Élat démocratique, raide, gauche, uniforme, perpétuellement créé et contesté par ses propres sujets oii bien les vouant à des pilleries sans mesure, apparaît fort peu apte à arrondir le territoire. Ce n'rst pas une raison de renoncer aux visées de Jules César, de Philippe le Bel, de Hichelieu, de Danton. Miais c'est une raison de plus de travailler à éliminer le morbus democraticus du corps de lu France.

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