‹ Les conditions de la victoireChapitre 134 sur 204 · RENAN CHEZ JAURÈS. S · texte numérisé non relu

RENAN CHEZ JAURÈS. S

religieuse. Mais sous nos yeiix, le loyalisme autrichien des Croates et leur hostilité aux Serbes procèdent aussi de causes religieuses. Sans doute, le combattant croate veut être ceci plutôt que cela. Mais pourquoi le veut-il? En vertu d'une foule de causes et de raisons qui tiennent à sa tradition, à son lieu de naissance. Et voilà que, dans ces éléments conscients ou inconscients de la décision, rentrent aussitôt les motifs éliminés par Renan : quelque communauté de snng, quelque communauté d'idiome, quelque communauté d'hiihilat ou d'intérôls moraux, tous éléments dont aucun n'est voulu, dont aucun n*esl choisi, et dont bien peu ont même été acceptés délibérément.

On ne choisit d'habitude, ni son lieu natal, ni son père, ni sa mère. Ces désignations antérieures de la nature commandenlaux décisions personnelles du patriote croate ou du palriole serbe. En présentant le fait national comme s'il était caractérisé par des volontés qui n'en sont que l'effet, on renverse Tordre et la valeur des termes, on traduit dans un langage assez impropre de psychologie individuelle les réalités de l'histoire et de la nature. L'effet et le reflet des choses dans l'âme de l'homme sont pris pour leur être réel.

A quoi peut servir cette traduction et cette transposition, sinon à créer une confusion d'idées qui identifie le mode par lequel nous sommes les nationaux de notre pays au mode par lequel nous nommons un sénateur ou un député? Il doit rester pourtant bien des différences ! Très peu de gens sont disposés à mourir pour leur créature électorale :

m LE PARLEMENT SE RÉUNIT.

dei cenlaines de milliers d'hommes donnent leur liê pour la patrie qu'ils n'ont point faite et qui les a faits, à peu près comme ils la donneraient pour leur père ou leur mère. Indice assez intéressant que le phénomène national est plus voisin des opérations de la nature que des purs décrets de la volonté.

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