‹ Les conditions de la victoireChapitre 135 sur 204 · INTÉRÊT ET VOLONTÉ · texte numérisé non relu

INTÉRÊT ET VOLONTÉ

Les mots suffisent à le dire, on se met d'un parti, on naît d'une nation. Il y a entre les deux termes la différence de l'Association à la Société. Ceux qui s'associent créent l'élément commun établi entre eux. Les membres d'une société commencent par en être. Ils peuvent y adhérer ensuite, se révolter contre elle ou la quitter, mais elle leur préexistait. Si leur volonté personnelle crée leur conduite à son égard, son existence à elle ne dépend de la leur que dans une mesure éloignée, Renan, par la façon dont il pose les termes, outre cette mesure infime. La volonté des Français socialistes en 11)14 était une chose, les intérêts communs qui les liaient à la même époque était une autre chose, très différente. Si on les eût consultés sur leur degré d'affection pour la France ou d'acceptation de la nationalité française, on eût recueilli beaucoup de dénégations et de contestations consignées dans leurs journaux, brochures et livres. Mais l'invasion a établi 1res clairement en fait les intérêts non psychologiques, non spirituels, peu conscients qui rendaient tous les Français solidaires et unissaient leur condition de- Tant l'ennemi. Elle a fait valoir et sentir ce qui était, ce qu« plusieurs pouvaient contester par

Page 1