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LES DOMMAGES DE GUERRE

J8 avril 1915.

En trente pages, un ingénieur de la Picardie ravagée, un « sinistré d'Albert », comme il a signé sa brochure, M. Abel Pifre vient de faire toucher du doigt quelques-uns des faux principes, des principes inorganiques et désorganisateurs sur lesquels oscille et tremble l'État français contemporain.

Ces principes fâcheux, très logiquement appliqués, menacent gravement rinlérôl des populations qui viennent de souflVir l'horreur de la guerre et auxquelles M. Viviani a promis, en bons termes, les plus larges réparations. Il n'est pas d'infortune particulière plus digne d'attention. 11 n'en est pas une contre laquelle l'injustice ou le simple manque de générosité serait plus indigne du grand nom de la France.

Mais, en prenant fait et cause pour elles, on ne s'émeut pas pour elles seules. On défend aussi les intérêts profonds, éloignés, mais certains, du corps ontier de la patrie. Les dernières lignes de M. Pifre spécifient avec raison que c'est une question d'inlérêt général et que le « service du gouvernement » N est engagé : il faut épargner à l'Étal français « le <*ontre-coup des tribulations, des déceptions, des aggravations de misères, des tristesses et des ranoœurs » qui sont en germe dans quelques-unes des mesures amorcées.

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LES DOMMAGES t)E GUERRE.

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