‹ Les conditions de la victoireChapitre 146 sur 204 · AUGEREAU · texte numérisé non relu

AUGEREAU

Ces merveilles de l'illusion sont profondément respectables quand elles traduisent une foi, comme c'est le cas de ce militaire socialiste, mais il est bien significatif que, même à ce degré de l'ivresse de la croyance, le correspondant de l'Humanité évile de faire compliment à ses chefs de leurs vues sur l'Allemagne, sur le socialisme allemand, sur la pénétration allemande en pays français, sur la nécessité de réduire les armements.... Cette discrétion peut servir à mesurer le crédit politique et social de ceux qui font appel aux « soldats d'Augereau ».

Une cause républicaine qui en est réduite à cet appel est une cause républicaine grièvement malade, et j'ose même dire mortellement blessée: du 18 fructidor au 18 brumaire, il y eu! tout juste un peu plus de deux ans. Sans compter qu'Augereau servait un principe vainqueur! Les chefs socialistes sont des chefs battus, des chefs qui se sont trompés. Les généraux du socialisme sont des généraux qui ont conduit leurs troupes à la plus grande déception de l'histoire contemporaine. Ils disaient la guerre impossible. Elle est là. Ils affirmaient l'amitié de tous les éléments socialistes ou libéraux de rAllcmagne. L'Allemagne ouvrière a fait corps avec l'Allemagne armée. Leur doctrine se fondait sur un respect «i stilieux des idées allemandes : celles-ci, en se d» quant, laissent voir une immense conspiration contre le repos de l'univers. Le monde entier apparaît dès lors tel qu'il est, divisé en nations, puis subdivisé en classes; non divisé en classes, puis subdivisé en

LA MENACE DES POILUS ET LA FATALITE. 2r,7 nalions. Ni les class.s, ni los nalioiis ne sont d'ailleurs conformes à l'idée que les directeurs du socialisme essayaient d'en donner. Tout leuripanque donc aujourd'hui, la confiance, l'influence, l'aulorilé. On Ips a trop crus su|; les points où leur faillite est évi-

nie pour leur accorder grand crédit sur d'autres sujets. Us le scnlont si bien qu'ils essayent de rcfain» leur fortune avec les éléments de l'ancien Parti, mais par d'autres moyens, moyens (|u'il8 accusaient autrefois de « berner le prolétariat » : campagnes anticléricales, défense républicaine. Nous doutons f|iie

palinodie leur fasse du bien.

Avant la guerre, les socialistes observalims <•( perspicaces avouaient parfois qu'ils voyaient décroître ou tarir la sève de leur recrutement.... M. Marcel Sembat écrivait que, si cela continuait, « à l'absence d'idées républicaines », les idées royalistes * se sub- .stitueraient tout naturellement ». Après l'expérience 1914-1915, une opération césarienne ne sauverait pas le patient.

Parlement, 1 7

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