SUB T ! L'ARTOIS
15 mai 191.*'.
Quelques nobles nouvelles et de beaux bulletins
nous arrivent des collines de l'Artois. La lutte est
rude, mais heureuse, et la jeune classe 15 y reçoit
son baptôme du feu dans des conditions qui font
Tadmiration du monde. J'ai lu hier avec orgueil les
éloges donnés par le Dmly Chronicle à nos jeunes
gens. On n*a pu s'empôcher de froncer un peu le
sourcil à cette phrase : « Les officiers français ont
ou du mal à les retenir. » Comme il faut qu'une
• upe soit ardente, il faut au»si qu'elle soit souple
et bien dans la main de ses chefs, mais voyez la
suite : « La manière dont ils effectuaient leur charge
à la baïonnette, souleva l'admiration de leurs aînés. >
Allons, le poil n'attend pas l'Aj^e, l'art qui est associé
h la vaillance, donne des résultats dignes des vingt
clés de noblesse de la Patrie. Cette vieille terre,
; la plus belle civilisation florissail quand rAlle-
»gne en était, de l'aveu de Goethe, à l'état sauvage.
doit respirer plus fièrement au fur et à mesure que
-^"^ rapproche l'heure de décision qui délivrera.
Mi puis, cette fois encore (ni la première, ni là dernière vraiment) l'armée française sauve l'honneur de notre esprit public. Ne vous semblait-il pas que, depuis quel(|ues jours ou quelques semaines, nous radotions un peu? Tout citoyen réfléchi se sentait M»rwR*». — Ip Pnriem<»nt. 18
174 1>. l'Ain. J.Mh.M >h lu.L.Nli.
gôné par l'aspect et l'accent de nos journaux. Par la maladresse inhérente à la diplomatie menée sur la place publique, certaines feuilles avaient positivement l'air d'appeler au secours. Au secours, Italie! Au secours, Roumanie! Au secours, Amérique!... Vraiment, est-ce qu'on se noyait? Est-ce qu'on avail tellement besoin de main-forte? Est-ce quelle tremblait, notre main à nous:*