POUR LES MINISTRES DE
Cela posé, le discours de M. Millerand a été ce qu'il devait être pour confirmer notre population civile dUns un état moral digne de celui des armées. Le ministre de la Guerre a fait plus. Discrètement, mais vivement, il a porté un coup droit à ses adversaires en défendant le service de santé contre des critiques dont l'objet fut très légitime, mais qui s'égaraient sur des innocents pour éparsfner de grands coupables.
J'extrais le « compf • -i '-r anahjinnu ujjntel » du Sénat d'hier :
Il y a à l'armée 14500 médecins auxquels je tiens, du haut de cette tribune, à rendre hommage, car ils ont dépensé sans compter, sur les champs de bataille, leur -^^ i -iice, leur bravoure et leur dévouement. [Vifs apl 'ludissemenls.)
Mais ce n'est pas médire d'eux de dire qu'ils partageaient l'erreur commune sur l'inutilité des périodes d'exercices. On n'y croyait pas à l'efficacité des séjours qu'on leur faisait faire dans les corps de troupes.
Personne n'a oublié les inutiles discours du général LangloiSf de M. de Freyoitiety a'efforçant de faire écarter la réduction des périodes de réserve.
l'ar suite de rerreur commise à cet égard, des chirurgiens et des médecins émincnls n'ont pas trouvé, au moment de la mobilisation, la place et le grade auxquels leur donnaient droit leurs travaux dans la vie civile, et, surtout, ils n'ont pas été pourvus d'emploi suivant leurs capacités et leur spécialité.
Or, ils ignoraient tout des règlements et des nécessités du service' au cours d'une campagne de guerre, où l'expérience administrative est aussi utile que le talent chirurgical.
Ce n'est pas seulement sur le >ri \ i. c de santé que la réduction des périodes de réserves en 1907 a déterminé de lamentables répercussions. C'est sur beaucoup d'autres services. Les graves paroles de M. Millerand ont suffi à montrer dans quelle direction se retrouveraient les responsabilités véritables. Ce coup de dent, bref et dur, donné au ministère Clemenceau-Picquart de 1906 portait ravertisseraenl décisif.
Qu'il .soit compris!
Nous regrettons qu'il ait fallu parler, si bien parler, trop bien parler, en une heure comme celle-ci. Nous nous félicitons de la pertinence, de la justesse et du mordant des paroles ainsi arrachées à la raisonnable impatience des gouvernants.