‹ Les conditions de la victoireChapitre 186 sur 204 · JUILLET 1016 LA VWX OU LA GUERRE AU DEDANS · texte numérisé non relu

JUILLET 1016 LA VWX OU LA GUERRE AU DEDANS

9 Juillet 1915.

Nous ne pouvons, nous ne voulons rien écrire de ce que nous savons de nos élus qui sont sacrés en tant qu'élus. Mais les journaux révolutionnaires et radicaux sont pleins de • peut-on le dire? », visant tantôt l'un tantôt l'autre de nos chefs de services ou de nos ofGciers : si leur nom n'y est pas, si le grand public n'est pas initié au sens complet de ces notules, croit-on pourtant que l'effet en soit nul dans le ressort des chefs visés, dans l'entourage des lâches auteurs de la dénonciation anonyme? Ceux-ci y gagnent de l'autorité, ceux-là en perdent. Et cette perte d'autorité Gnira par s'étendre à tout le corps, à tout le commandement. D'abord petite piqûre, petite plaie : quand il y en aura dix millions de pareilles, le corps entier menace d'être pris des excitations et des aljattements d'une fièvre qu'il ne sera pas aisé de guérir.

Veut-on cela? Sauf une poignée de perfides, j'espère bien que non. Alors, que l'on y prenne garde! C'est à cela qu'on risque de nous faire glisser. Je crains bien que le chef du gouvernement qui repousse avec éloquence et dignité chaque assaut, n'ose pas avouer ce péril d'ensemble. Mieux vaudrait assurément s'en taire, mais à la condition que l'anarchie se tût d'abord.

Nous disions avant-hier que le plus grand des maux serait une guerre civile. Comme toujours, pla-

ces au point «le vue national, nous nous exprimions dans le langage de l'intérêt français pur et net, Hervé, hier, reprend ce thème. Comme toujours, il se place au point de vue de la défense républicaine. El son thème d'union aboutit, comme toujours, au langage des divisions.

Nous avions conseillé d'éviter d'exciter les classes contre les classes, les régions contre les régions. Cela nous était bien facile. Rien n'était plus difficile à Gustave Hervé. Parler de la République l'obligeait en effet à passer en revue les parlis dont elle se compose, partant à faire des différences entre les républicains ardents, les républicains moins ardents, à énumérer les socialistes, les syndicalistes, les libertaires présentés comme* systématiquement 'gouvernementaux », ce qui d'ailleurs n'a été vrai que par moments et par saccades, quand ils espéraient incliner le gouvernement h leur système. Hervé a dft aussi distinguer entre « notre bureaucratie qui est, « dit-il, un triste legs du régime monarchique anté- « rieur » et l'armée « réorganisée » par la République, l'armée dont les neuf dixièmes » .sont républicains, et dont le dernier dixième se trouve ainsi voué au courroux des lecteurs d'Hervé. On ne saurait mieux prêcher aux éléments de la défense nationale la méfiance et la discorde en employant un vocabulaire «le paix. Cette affectation papelarde déployée dans un pareil but peint l'homme et le régime.

Je m'en vais renseigner Hervé el les gens qui le soufllent. Non, les royalistes ne font pas de révolution devant l'ennemi. Une époque troublée, vieille

I A PAIX ou LA GL'EHBE, AL' DEDA^

de plus d'un sièclf», oi\ l'hisloiro ellc-m^nic ne suit pas discerner avec cerlilude quel était au juste le devoir du Français patriote, en Vendée ou au Bhin, parmi les insurgés de Lyon et de la Provence, ou parmi les soldais de Marceau et de Bonaparte, une époque de laquelle datent cinq invasions en 125 ans ne peut autoriser personne à diffamer le patriotisme des royalistes. Les royalistes nontfail ni un Quatre- Septembre ni un Dix-huit ' Mars sous les yeux du Prussien vainqueur. Lef« fidèles du régime qui fil la France peuvent laisser ce procédé aux partisans du régime qui la défait.

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