LA DÉFENSE ET LE MENSONGE
Il faudrait ajouter qu'il n'y a pas un bon office que nous ne nous soyons efforcés de rendre aux républicains qui ont tenu le drapeau de la France, pendant qu'Hervé et ses pareils s'appliquaient à leur susciter lies difficultés les unes ridicules, les autres odieuses. Nous aurions bien autre chose à dire s'il s'agissait 1 accuser ou de défendre! Notre fonction est plus -impie et plus utile : elle se borne à servir la vérité en dissipant les grossiers mensonges intéressés, auxquels est condamné le papier imprimé du journal de Gustave Hervé. Le malheureux écrit que la République nous a donné < tous les alliés qu'il nous était possible de souhaiter et même d'autres que nous n'aurions pas osé espérer » . Les lecteurs d'Hervé seront donc les seuls à ignorer que nous n'avions même pas d'alliance avec l'Angleterre à la fin de juillet 1914, comme en témoigne la fameuse correspondance Poincaré-George V, — non publiée dans
la Guerre sociale, il est vrai ! Ils ignoreront 6einblal>icmenl Tart boche avec lequel ce Boche pur et parfait de Guillaume II a su fédérer contre lui tout Torient et l'occident. Hervé aime mieux massacrer la vérité historique que de laisser porter dans son journal une pareille ofîense au prestige du < génie organisateur allemand ».
Nous avons, quant à nous, inscrit à l'honneur de la politique républicaine, devenue vigilante et manœuvrière sous la manœuvre de l'ennemi, le traité du 5 septembre 1914 et Tinlervention de l'Italie. Sans nous dissimuler aucun des inconvénients du traité « pas de paix séparée » nous l'avons appelé un acte sauveur. Nous avons applaudi de même au succès de M. Barrère. C'est que la vérité ne nous gêne pas. Nous ne sommes pas obligés comme Hervé à biaiser, ni à mentir. Pour la défense du régime, le gobe-mouches doit écrire que la France rnonarchique « était détestée à l'étranger ».
Cela ressemble à l'appel qu'a dû faire VHumanUe aux fictions surannées d'Erckmann-Chatrian. Mais la vérité se découvre. On recommence à savoir que le roi de France, le Roi armé du sceptre et de la main de justice plus encore que de l'épée, était tout au contraire, pour l'Europe et le monde, l'image visible du droit, de la protection sûre étendue aux faibles, de la garde de l'équilibre, du maintien d'une juste paix. Ses sujets, loin d'ôtre haïs, étaient respectés, recherchés, appelés et choyés par tout l'univers. Leur art et leur esprit étaient l'objet d'une imitation générale et, sous les deux derniers tiers de l'ancien régime, les AUemagnes n'étaient pas les