Lhittoire de deux peuples
M)ïl\E PACTE bK ' -TM < T
10 juillet l'JIô.
Los aslucieiisos rumeurs do révolution parisionne que l'ciinomi fait circuler sur le front et dans l'intôrieur du pays n'ont d'autre raison d'être que d'accôlérer ou de stimuler un état d'esprit qui, par bonheur, n'existe pas.
Il n'existe pas, mais il pourrait exister. Il n'existe pas, mais il serait précieux à l'ennemi. Il n'exislr pas, mais tout est arrangé pour qu'il soit exploit* aussitôt qu'en apparaîtra le plus léger commencement.
Il n'est certes aucun besoin d'inviter le citoyen digne de ce nom à conduire droit au poste tout personnage inconnu ou connu imparfaitement qui se permettrait des propos en ce sons. Mais, cela ne peut pas suffire. La graine des malheurs publio doit être poursuivie dans la pensée des personnages publics, particulièrement des publicistes. Ceux qui sont patriotes et qui sentent l'utilité de l'ordre devraient en tomber d'accord.
Disons-leur : — Une interprétation inexacte de la Constitution, un besoin réel et juste do paix civique a fait décréter une sorte de loi de majesté au bénéfice du parlement. Proposons d'y souscrire, uiai> sachons exiger, en retour de notre parole, la i immunité en faveur du commandement, en la . de l'administration, en faveur des services publics
NOTRE PACTE DE RESPECT Wl
ri «If Irurs chefs. Il u\v « rien de plus périlliMix, tant au poinl de vue de l'action «jue de l'opinion «pie le» attaques dont iln sont l'objet, et elles ne sont même •15 justes. Dix rhéteurs dt^clnmenl contre une
bureaucratie irresponsable » et aucun ne prend garde que si, à leur gré, trop peu de fonctionnaires civils et militaires ont ^ié frappés, ce peu est quelque chose, au lieu que rien n'est rien : or, qu'on rae cite un seul exemple de parlementaire chAtic pour sa malfaçon, son incurie, ses négligences ou seulement Tinexactitude h son travail législatif.
Si les écrivains patriotes le veulent, on en finira „\ec cet excès d'acrimonies, comme à la veille de la guerre on en finit en vingt-quatre heures avec les faux bruits sensationnels relatifs aux hostilités. La censure n'existait pas. Sur l'initiative de VArtion [ française t tout ce qui compte à Paris s'engagea à ne publier que des dépêches officielles, contrôlées et 1p> rumeurs nuisibles s'envolèrent comme des
<»ns. Refaisons ce pacte avec nousle Parlement, et que ce soit donnant lonnant. Qu'en échange de la sobriété de nos commentaires sur son personnel et sur ses actions, il montre la même sagesse à l'égard des services pu- Itlics et des serviteurs du pays. Que tout ce qui se respecte dans la presse s'impose d'éviter un système d'aigres imputations. Que l'on considère comme ni ce qui se plie à cette règle, comme ennemi tout qui s'en écarte. Cette fédération des bonnes »lontés sera sans doute moins efficace qu'un bon édit censorial publié par l'autorité avec l'appui de
la police et de la garde. Mais nous n'avons pas la force publique, le législateur, l'administrateur, le gendarme semblent absents ou bien distraits de ce grave problème de vie civique. A défaut de la sage contrainte des lois, on peut essayer de la persuasion par les idées, au moyen d'accords privés capables d'engendrer des mœurs. Ce sera plus dur qu'en juillet lOli. Mais on peut essayer*.
1. Personne ne voulut essayer. La Croix dit: « Il est vrai ment étrange que ce soit à M. Maiirras qu'incombe le soin de défendre la thèse de l'autorité nécessaire du gouvernement radical contre les comploteurs radicaux >.