‹ Les conditions de la victoireChapitre 190 sur 204 · ROUGET DE LISLE ET LA . MARSEILLAISE · texte numérisé non relu

ROUGET DE LISLE ET LA . MARSEILLAISE

14 juillet 1915.

Le transfert de Rouget de Lisie au Panthéon tiiiiait exigé une loi. C'est donc aux Invalides que sera portée la dépouille de l'auteur de la .U(7rsei//ai«c, du Chant du Jura et d'autres pièces tour à tour républicaines, impérialistes ou royalistes, selon les saules de l'opinion et les teintes de l'heure, mais uniformément patriotiques, militaires et nationales. Les ignorants qui avaient eu l'initiative de lacérémie auront été pris à ce double piège. Cet aède d'un âge trouble et qui aura redit l'une après l'autre toutes les vibrations du cœur de la France ne leur appartient pas. Et il n'ira pas échouer, en cette fausse qualité, dans les caveaux de la froide église désaffectée où dorment les docteurs et les pères 1 une Contre église passée de mode, M. Fallières en a su quelque chose au bi-centenaire de Jean-Jacques Rousseau, en 1912! Rouget de Lisle fera son repos déGnilif sous une voûte qui n'abrite que les souvenirs, les passions et les gloires de l'armée, dans ce monument d'une élégance et d'une vigueur incomparables, issu des réflexions et des volontés du Grand Roi, que réalisa son plus grand ministre, et qu'un autre Bourbon, propre arrière-grand-père de Monseigneur le Duc d'Orléans, le roi Louis-Philippe, a ouvert aux cendrei de Nipoléon, rien de national, rien de militaire ne pouvant être étranger à la Maison d« France.

Notre invariable doctrine sur la Marseillaise uein < de ce nationalisme fondamental.

« Nous la chanterons », disait Maurice Pujo, « mais devant l'ennemi », toutes les fois que des libéraux ou des sillonnistes en portaient le défi aux Camelots du Hoi, aux étudiants et aux ligueurs d'Action française. Fût-ce afin de répondre à Vlnternationale, on refusait de l'entonner pour ne pas concéder un caractère factieux à un chant national dont le texte déjà ancien et les sons toujours jeunes et héroïques gardent leur sens devant un ennemi en armes. Ces paroles de 92 ne peuvent rien signifier si elles ne sont pas le cri d'une nation qui répond à l'envahisseur. Nous en sommes, hélas! ù la cinquième invasion étrangère depuis que l'État français a perdu son chef et son roi, mais du fond de l'exil comme du haut du trône, tous les rois de France qui se .sont succédé depuis n'ont jamais donné à leurs fidèles qu'une consigne, et c'est Finance d'abord. De là une unité morale constatée hier soir par le plus grand journal de la République. « La France n'a, aujourdiiui, ni fils divisés, ni partis aux prises les uns avec les autres, ni crédit public troublé, et, dans le calme, l'ordre, la sécurité de tous, elle travaille, aidée d'alliés puissants, à la libération intégrale du territoire national. >

Ces paroles du Temps qualifient l'ensemble do 1;» situation.

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