‹ Les conditions de la victoireChapitre 2 sur 204 · LUCIEN LACOUR · texte numérisé non relu

LUCIEN LACOUR

SÉPARÉ DE t SA CHÈRE MITRAILLEUSE •

Che^' ami, après vingl mois de front passes au premier rang sans une égratignure, un accident stupide vous sépare de votre « chère mitrailleuse », comme vous nous disiez : vous voilà traîné d'hôpital en hôpital, loin de Cennemi.

Pour chasser le cafard que nous redoutons, permettezmoi de déposer sur votre lit de convalescent le secoyxd recueil de mes articles de guerre. Ces notes de 1915 vous feront peut-être sourire : elles montrent une Action française si gouvernementale qu'on y prend la défense de M. Malmj. Héla*! je puis le dire, à vous qui incarnez ce que nos efforts Savant la gue)^e ont marqué de plus offensif : nous aurions été plus ministériels encore si, fin décembre 1914, on eût laissé les choses en place. La France se sauvait elle-même, le Gouvernement était libre, le Parlement ne siégeait pas. On prétend que nos troupes manquaient de tout. Elles ne manquaient pourtant pas de la victoire : ni sur la Marne, ni sur Dser, ni au Grand Couronné de .\'ancy ! Qu'il eût fallu absolument rouvrir la Chambre pour fabriquer des armes, personne ne le croira.

Sans doute huit cents hommes de sang français une

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fois rassemblés ne pouvaient pas ne pas rendre quelque bon sey*vicc : il n'aurait plus manqué que cela! MaiSj à côté des biens, il y eut les maux, et les pires : ébranlement du pouvoir, fureur de remplacer, esprit de faction renaissanty indiscrétions, verbiage, perte de temps, et surtout rupture de la ficre unité morale qui a connu de si beaux jours!

Le Parlement 6c nlmiil. Aussitôt >.., ,....»... .^ .^ — ., car il n'existe que par eux. fassions, intérêts, idées même., tout ce qu'ils sont est fait pour diviser et partager. Mais Ce/fort diviseur ne finit pas à eux, il se prolonge : ceux qui discutent sont discutés à leur tour. lîicn de plus juste, Aous avons vu la presse changer de ton : comment en eût-il été autrement? On ne peut pas vouloir les choses et leur contraire. Si Von proclame l'union sacrée, on ne doit pas remettre le pouvoir à l'organe des discussions. Si l'on accepte ramnistic, il ne faut pas que l'amnistié commence }xir récidiver.

i\ous avons dd parler aussi : pour discuter la discussion, pour la modérer, et aussi pour avei*tir les pattis extrêmes, caillauliMes ou socialistes, du degn\ de la forme et des conséquences de tant d'erreur. In bon /uuiani a fait que les premières pages de re rolunie traitent des principes du nationalisme intégral.

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