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L'ORGANISATION POLITIQUE

M. Hervé ne manque jamais de faire admirer avec zèle « l'esprit d'initiative • des Allemands ou leurs

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uu-inodt'S en matière industrielle et coiumer i.ile »; les Allemands eux-mêmes, maîtres de M. Hervé en cela comme en bien d'autres choses, avaient grand soin de faire remanjucr 6 leurs visiteurs qu'ils excellaient dans la technique universelle par une sorte de faculté native dont les Français auraient été mystérieusement dépourvus. Ces explications, dignes de la verlu dormitive de l'opium dans Molière, n'ont point satisfait notre Américain. C'est du côlé de l'organisation politique et sociale que ce curieux d'outre-mer oriente son attention et sa recherche. Les méthodes de guerre éclairent aujourd'hui les méthodes industrielles et commerciales, et Ton s'aperçoit qu'elles n'ont rien de spéci- Oquemenl allemand : ce sont des méthodes d'État. Ces méthodes ont fait concourir toutes les forces sociales à un but visé « de haut » par l'autorité existante, au lieu d'extraire cotte direction de la \uiio légale, du conflit constitutionnel de ces forces. Cf gouvernement qui féconde et multiplie, au lieu d'un gouvernement qui divise, crée la force, la prospérité, la richesse d'un peuple. Ce peuple pourra s'en rvir pour le bien ou pour le mal, selon son génie ou sa sottise, selon son vice ou sa vertu, mais à quelque service qu'il s'applique et, comme dit M. Gid <Iings, quel que soit le résultat final, relTorl produit ra d'une extrême puissance en rai.son de sa bonne Duomie et parce que les moyens auront été humaiment ajustés en vue du meilleur rendement. Nous avons eu souvent l'occasion de dire que cette ïnnme organisation de l'édifice politique allemand n'était qu'une contrefaçon d'édifices anciens, cons- Muiin»* — lo Parlement. 4

Iruits en Hcs pays plus beaux, par des races plus nobles. Nous avons souvent appelé les Hohenzollern mauvais singes de nos Capétiens. Tel quel, ce médiocre plajçial n'en fait pas moins l'admiration de rAraériquo. Mais on parle avec le m(5me sage sérieux chez des peuples moins neufs. VIdea Nazioiiale de Rome a, là-dessus, les sentiments du Times de New- York. Les ardents, subtils et intelligents nationalistes italiens, grands amis de la France, plus grands amis de l'Italie, et détestant TAllemagne de tout leur cœur latin, vont aussi répétant :

— Comment TAUemagne a-t-elle pu faire cela?

Mais, dès le 3 septembre, ils répondaient déjà, dans un très bel article d'Antonio Pagano, que ni pour l'art du gouvernement ni pour l'art de la guerre, il n'y a des méthodes tudesques et des méthodes non tudesques : en Allemagne, l'application rigoureuse des principes de Tordre a donné de bons effets, comme ailleurs rcxlrôme tolérance du désordre en a donné d© mauvais. Cela revient à dire ce que l'on dit ici. La déconvenue allemande lient à un usage absurde, fol et « troup allement » do la force allemande, mais le secret de celte force tenait à l'organisation rationnelle de l'autorité dans l'Étal. Cet Etat, celte autorité, cette raison peuvent certes ^tre tenus pour le bien indivis de toute haute élite humaine. Mais les grandes races classiques ont aussi le droit et mAme le pieux devoir d'y reconnaître une des inventions les plus mémorables de leurs aïeux.

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