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LE JOUR DE L'UNION SACRÉE

5 août IfHS.

A propos de l'anniversaire «les déclarations du i août 1914, le Matifi a demandé à plusieurs personnes ce qu'elles pensaient de l'union sacrée : 1" si elles Tapprouvaienl; 2" si elles jugeaient que celle union dût se continuer.

J'ai répondu à noire confrère

il n'est pas de plus grand bienfait -ju^ i ciu- union. Elle fait honneur au.\ hommes d'Etat républicains qui y convièrent la France, au peuple patriote qui s'y est donné de tout cœur. Sans être dupe de l'hypocrisie des factions ou plutôt de leurs chefs, j'estime cette union le salut du pays.

Ceux qui croient le contraire ont dans l'esprit les tableaux de la France révolutionnaire si cruellement déchirée et résistant à une coalition formidable. Ils oublient ou ignorent qu'en 179î2, 1795, 179i, nos ennemis étaient divisés comme nous, et notamment sur les affaires de Pologne. En 1915, devant un advei*saire qui a porté au maximum l'unité de gouvernement et de commandement, toute pensée distraite de la défense des frontières pour cause de difficultés intérieures doit être portée au bénéfice de l'ennemi. C'est ce qu'il ne faut pas! A aucun prix. Jamais.

Pendant la retraite sur la Marne, pendant le voyage à Bordeaux, la France n'a pas discuté, elle a agi et laissé agir. Cela a permis la victoire de la Marne, l'extension de nos ligues jusqu'à la mer, la résistance victorieuse sur l'Yser, l'Aisne et l'Oise.

Faut-il persévérer, demandez-vous, et pourquoi ? Mon cher confrère, dites-moi si vous êtes d'avis de

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vaincre, et pourquoi? Il faut vouloir l'union ^: . jh désire la victoire.

Sans doute, il est pénible à des cœurs bien placés de se dire que cette union nous est imposée du dehors et qu'il a fallu l'agression du roi de Prusse pour reformer l'unité morale de notre France et pour la rassembler autour de son drapeau qui, lui-même, était tombé dans les discussions des partis.

Mais cette amère observation peut être un prJFi de progrès et de renaissance en rappelant aux ôli t. la patrie que nous avons jadis possédé le drapeau vivant de notre unité, qu'il s'appelait le Roi et que ce faiseur d'ordre et de paix intérieure dans la justice était aussi le premier né de la race et du sol, créature et créateur de notre nationalité historique.

La victoire nous délivrera à jamais des influences bismarckiennes qui, depuis 1870, nous avaient imposé plus ou moins directement un régime de guerre civile sèche*. Le petit grain de honte et de mélancolie caché au fond de notre glorieuse expérience de l'Union sacrée nous fera réfléchir aux conditions de la seule unité digne de la France, — celle qui ne doit rien aux pressions ennemies, étant née et renée de sa raison et de son cœur.

Le Matin a publié celle réponse hier. J'en devais, naturellement copie à nos lecteurs.

1. Guerre civile quo certains affiliés, plus ou moins r^nccicnts, ont tenté de ranimer depuis la guerre, sous la t de la - rumeur infâme -, avouée, conslalée — vériti .saturnales du mensonge — longtemps rééditée par un Torchon parisien du soir, mais qui n'a été réprimée encore (pie par de trop rares fonctionnaires gouvernementaux

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