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L'ÉGLISE ET LA FRANCE

de celle guerre une figure plus acccnlui^e dans le •ens démocratique et libéral. On n'atteint môme pas ce but : ce sont des libéraux qui, avec M. Giolitli, ♦^coulent M. de BOlow; ro sont des socialistes orthodoxes qui, à Rome et à Bucarest, s'entendent avec M. Sudekum. Et pour ce beau travail idéologique mîin«|iié. Ton se retranche avec la plus folle légèreté il«vs concours positifs, des nçulralités bienveillantes. On nous rendra cette justice. Ce n'est pas ainsi que nous avons procédé. Sans rien sacrifier de ce que nous tenions pour vérités directrices et tutélaires, nous avons fait lléchir, partout où il l'a fallu, nos répugnances et nos préférences devant l'intérêt du pays. Nous n'avons pas traité la légion garibaldienne comme le Temps clV Humanité^ digue couple, traitent le catholicisme, le maurisme, le carlisme et la « réaction ». Nous nous sommes gardés de créer de nouveaux ennemis à la France. Nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour lui valoir de nouveaux amis. Égarés, déviés par l'ivresse <les passions religieuses et irréligieuses, le patriotisme du Temps et de Vliumamlé, le palriolisme du gouvernement el du Parlement seraient sages de s'inspirer de la môme méthode; c'est, dans toute sa «^implicite, la France (Cabord el la recherche atteniive, prudente el tenace de tout ce qui peut servir l'intérêt français dans cette mêlée des nations.

l/PTAT-MAJOR ET Li:

6 février 1915.

A bouche fermée, comme il aime à le faire, le plus grand journal républicain répond à notre arlicle d'hier. Nous avions démontré son ingratitude envers le général Mercier, auteur du premier choix, du choix de principe du canon de 75. Cette ingratitude, il la consacre. Que dis-je ! Il en remet. Nous lui avions reproché d'avoir passé sous silence le nom du général Deloye, directeur de l'artillerie. Dans ud article intitulé « Ceux à qui Ton doit le 75 », le Temps répare envers le beau nom effacé et, tout en l'orthographiant de travers, sans doute aussi en oubliant le témoignage décisif porté au procès de Rennes par ce technicien admirable, par ce grand serviteur du pays, — (ju'on ne démontait pas facilement avec des histoires, — le Temps persiste dan> son silence sur le général Mercier, comme pour le mieux isoler et montrer que jamais il ne passera par-dessus les intérêts de son parti. Cela est certain, en effet. Mais nous obligerons le Tem})s h baisser la tétc, et nous le convaincrons devant le public commun qui nous lit, de la mauvaise foi impavide et sereine avec laquelle il a tronqué la vérilé.

La mutilation commence par un flot de déclanitions hypocrites enchérissant sur celles d'avnnl-hier qui, par comparaison, reprennent un aspect de re tenue et de pudeur. Avant le premier mensonge. le

I TAT-MAJOR ET LE 7r. 11.»

Te/n i cunlenlé de d(^clarer qu il {)arleruit

8or/t> lit, mais trè6 exactement. Celle fois, il

juge devoir meltre la main sur son cœur; pour mioux manquer à son serment de témoin, il annonce (|u'il va donner « une page d'histoire nationale », el ajoute que l'heure est venue de « rendre justice h de bons Français ». Cette justice, elle consiste à faire commencer l'histoire du canon de 75 trois ans entiers, près de quatre ans après son adoption par le ministre de la Guerre qui fui on fonctions de décembre 1895 à janvier 189r» :

« On est en 1897... »

Eh bien, non î Quand «mi >« ni i.ntuiui uMiniclemenl celte affaire, ce n'est pas de !897 (|u'on la date. Ce qui fut fait alors est de haute importance, et les détails, d'ailleurs connus, que donne le Temps, ont en outre une .saveur inconslitutionnelle dont nous ne priverons pas plus nos lecteurs que du très juste hommage rendu à ces bons ouvriers de la troisième heure, le général Billot, M. Méline, M. Cochery, M. Kranlz. M. Delombre. Ce général ministre, ces parlementaires, ministre, président ou rapporteur de la commission du budget, ayant à faire quelque chose de bon et d'utile, ont commencé par violer la loi. C'est l'habitude en République. Le régime ne comporte ni le secret, ni la vitesse, ni l'action sans palabres vains. Alors, on fait entorse à la loi du régime. Ni les 900 parlementaires, ni les 00 membres de la commission du budget ne surent, dit le Temps, à quel usage étaient pa.ssé8 les 30 millions dont ils ratifièrent la dépense. « La sanction parlementaire était indispensable ». et néanmoins.

120 Lt: PARLEMENT SE RÉUNIT.

ajoute le Teimniy on s'en passa grand train. Les coquins naïfs que perd un excès d'impudence croient que celle leçon sera perdue pour le Français. Au contraire, elle germera.

En altendanl, l'expédient pour lequel le Temps veut faire monter au Capitolc des parlementaires et des ministres par lui triés, avait été déjà employé trait pour trait par le général Mercier en 1804. Car. en dépit de la chronologie despotique du Temps, nous ne sommes plus en 1897 : les faits passés ont cela de bon qu'ils se passent des permis d'exister délivrés aux guichets de l'historiole officieuse. Le général Mercier disait dans une récente conversation avec notre confrère Emile Quintin, des Tablettes des Deux-Charentes, reproduite ici le til janvier :

— Ce canon n'avait pas encore allcinl le deprt^ de perfection que vous savez. Pour l'époque, c'était un progrès énorme, qui pouvait nous donner sur les puissances voisines une avance considérable. Je résolus donc de commencer sans retard l'oulillage exigé par la conslruclion de cette pièce, puis je commandai les quatre premières balleries pour les e&SHJs définitifs.

Cela ne suffisait pas. Pour obtenir les résultats que nous étions en droit d*escompt«'r, IWlIemagne devait ignorer nos travaux et des crédits relativement élevés étaient nécessaires ; or, pas de crédit sans l'approbation des Chambres, et pas do vote sans discussion

La question, vous le voyez, était délicate.

Voulant à tout prix éviter des débats puldirs «jui eus«4ent inévitablement donné l'éveil à rAllemagne je fis figurer la dépense sous la rubrique t Réparation au matériel d'artillerie ». Certains de mes collègues s'in-

LETAT-MAJUK tl Lt -». 12!

quiiMèronl bioii d«' ces t ri^parnlions », 11..^. j. h-s ra!»surai «t il n y eut aucun iocident rcgi^etUble.

Nous ne prétendons pas faire honneur de ces ingénieux virements, (jui sont l'enfance de l'arl administratif en Hépublique, au général Mercier. 11 suffit  sa gloire d'avoir fait fabriquer la fusée d'obus, et, en dépit de puissantes influences contraires, d'avoir adopté le canon Déport dès 1894 l 1895.

- Oui, mais c'est de lui que vous tenez le fait. La parole du général Mercier n'a pas besoin d'être infirmée par des documents et des textes; mais, ivant dit que le Temps mentait et qu'il mentait par m intérêt de parti, il nous est devenu indispensable i(» faire voir et bien palper la preuve de son méninge. L'espèce de considération qui s'attache aux rands formats et aux beaux immeubles doit être démolie quand elle est usurpée.

Le Temps m'oblige à revenir explicitement sur

une Affaire que nous avons laissée de côté; le Temps

rompu le premier celte convention tacite au profit,

loyaitil, d'un de ses grands amis. L'Action fran-

lise a les mêmes droits que le Temps. Elle ne se

'^nera donc pas plus que le Temps pour emprunter

ux documents de l'alTaire Dreyfus tout ce qu'il faut

{)Our établir la vérité.

On lit, au tome III <lu compte rendu du Cufiseil

' guerre de Rennes, dix-huitième audience, tenue le

I ^' septembre 1899, quelques lignes qui suffiront, ce

semble, à faire preuve. Le commandanl Ducros, l'inventeur du canon auquel le génc^ral Mercier a jadis préféré le canon du colonel Déport, ou canon de 75, vient de répéter un témoignage favorable à Taccusé, celui qu'il a porté devant la cour de cassalion le i9 janvier. L'avocat de Taccusé se lève ;

M* Dbmange. — Je désirerais préciser un point.

M. le général Mercier, dans la déposition qu'il a faite devant le Conseil, s'est exprimé ainsi :

« Je cite tous ces faits pour bien constater que Dreyfus « était au courant de tout et que quand il se retranche t derrière son ignorance, c'est un mensonge. J'ajoute « qu'un seul témoignage est en conlraiJiction, c'est « celui du commandant Dncros disant, dans sa dépo- « sition devant la Chambre criminelle, que Dreyfus « n'était pas si porté que cela à se mettre au courant « des nouveautés, puisqu'il avait refusé de venir voir « son canon.

« Pour moi, c'est un témoignage de plus à l'appui « de ce que j'aflirnie.

t Dreyfus était au courant de tout. Il savait parfai- « tement qu'à ce moment-là le canon Ducros venait « d'être rejeté par moi. »

Tout ce qui précède et qui suit fait voir qu'en ce mois de septembre 18119, personne ne songeait à disputer au général Mercier le poids et l'honneur d'avoir « rejeté » le modèle Ducros pour choisir le modèle Déport.

M' Démange continue :

bh bien! Monsieur le président, je vous prie de vouloir bien faire préciser en demandant au commandant Ducros à quelle date il a proposé pour la première fois A M. le capitaine Dreyfus d'aller à Putcaux. pour

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