L'ÉTAT MAJOR ET LE
\ >tm i«»iii re »|u*il pouvait lui montrer d'intéressant. Lr Fbksidrnt pose ta question.
Lk commandant Duckos. — En 1891...
Celle date de 1891 est Icllemcnl ainnijnc (ju eile cesse d'intéresser môme lalTaire Dreyfus, qui est de I89i. C'est ce que fait observer le général Mercier, qui a demandé la parole : • Je ne puis parler », ditil, « de ce qui s'est passé en 1891 *. Parlant du commandant Ducros,
Le général Mercier. — A quelle époique de I89i a-l-il fail au capitaine Dreyfus des propositions pour aller à Pnleaux ?
Le commandant Ducros. Mon généra!, j'ai eu
1 honneur de le dire....
Lk capitaine Dr'—-- - T'était pendant le premier semestre de 1894
Le pnésioENT. — i t'iiuHiu (juc vous étiez au ministère?
Le caimtaim: Diœyfls. - Oui, mon colonel.
Legénéhal Mercier. — Eh bien! au mois d'avril 1804, ma conviction était faite sur la valeur relative des deux canons proposés par le colonel Déport et par le commandant Ducros, et j'avais décidé d'adopter le canon du colon<'l Déport.
Le capitaine Dheyius. — Pardon, au mois d'avril 1894, mon travail était terminé. Ce travail s'est fait au deuxième bureau pendant les mois do février et mars 1894.
Ainsi donc, suivant sa méthode connue, Dreyfus s'est rejeté d'un bond en arrière. Il n'y restera pas longtemps. L'avocat essaye cependant de se fixer sur la position et même d'avancer :
M* Démange. — M. le général Mercier vient de dire: « Ma conviction était faite et j*avais résolu d'écarter
le canon du commandant Diicros ». M. le général Mercirr sait-il «ju'à ce momenl-là sa conviction à lui ait pu être connue du capitaine Dreyfus?
Le président pose la qvestioii.
Le général Mercier. — Je ne puis pas le savoir, monsieur le président. Ce que je sais, c'est qu'elle (^tait connue du commandant Ducros.
Et, patatras ! voici qui va faire reculer la décision du général Mercier <V avril 1894 à décembre 1895, et cela par l'aveu loyal du témoin favorable à Dreyfus :
Le commandant Ducros. — Parfaitement, le 28 décembre, le général Mercier avait eu une attitude qui montrait (ju'il n'était pas partisan de mon canon, je le reconnais.
M* Dkmanoe. — 11 ne s'agit pas du commandant Dticros; je demande si l'intention du général Mercier était connue du public.
Le président, au général Mercier. — Votre intention d'accepter le canon Déport éiaiJ-elle connue du public?
Le général Mercikr. — Du public, c'est beaucoup dire. Mais elle était connue au ministère.
M' Dk.mange. — Où était-elle connue? Dan«« les bureaux de l'Etat-Major ou à la direction technique d'artillerie.
(Le jn'csitient pose la question).
Le général Mkrcibr. — Surtout dans les bureaux de la direction de l'artilleri»'
El lo présidonl fil passer au témoin suivant.