‹ Les conditions de la victoireChapitre 90 sur 204 · GRAVE CONFUSION · texte numérisé non relu

GRAVE CONFUSION

... La République est la « chance de paix la plus haute )).... Une répuhiifuic allemande n'aurait pas déclaré la guerre....

Ces jugements gratuits reposent sur une confusion qu'il importe de dissiper.

Rendons cette jusfice au régime républicain. Il organise mal la guerre parce qu'il est mal organisé pour la préparer. Môme chez un peuple riche, ordonné, militaire comme le nôtre, il a dû entrer en campagne avec d'énormes lacunes de matériel. Même chez une race fine, souple et vive comme la race française, sa diplomatie est peu manœuvrièrc.

Au contraire, d'une race anarchique, sans grand ressort, comme les Allemands, une monarchie militaire lire une armée puissante par l'initiative ci l'organisation. D'une bourgeoisie et d'une aristocratie lourde et bornée, entraînant et poussant aux énormes gaffes d'août dernier, le gouvernement monarchique héréditarre tire la politique extérieure active caractérisée par la mission BUlow, les intrigues bulgares, les atermoiements roumains, le mys tère hellénique et que secondent les Hohcnzollern des deux sexes établis sur les dilTérents lr(^n«-s européens.

Mais, de ce qu'elle esl mal organisée pour la guerre,

ela ne veut pas dire que la République ne la fait

)< Encore une fois, les socialistes qui se bou-

inMit pieusement la vue avec cette nuée n'ont pas

^^ardéunpaysoù tout le monde est en république,

ue disait M. Jules Guesde en 1904 : « voyez en

i ique! » L'Amérique latine s'est battue tout le

lècle. El si, en bons germanisants, nos socialistes?

;^ent, soit la langue latine, soit la religion catho-

ils n'ont qu'à regarder l'Amérique du Nord.

I Amérique protestante et anglo-saxonne. Se peut-il

• (ue nos socialistes ignorent quelle guerre fut faite,

luelle paix fut dictée par la grande Union améri-

«ineà la monarchie espagnole? N'onl-ils jamais ouï

parler du Mexique ou de Panama?

Dans l'ancienne Athènes, le parti du désordre

i'mocratique fut aussi le parti guerrier.... Mais

"ilà do l'histoire, et nous venons de faire de la

i;< <'::iai>hie. Les socialistes vont croire que nous

leur disons des sottises.

LA niPLOMAili: LT LL< TlFïVFS

Il mars )0i'.

Il y a (le<:ia»Miieiit deux luamereb Ut* penser, ia iiiiniérique et Taulro. Je vais en donner l'exemple.

Étant admis — ce qui peut être vrai, ce qui peut (>tre faux, mais dont le pitoyable simplisme devrait faire pleurer, comme, au surplus, toute celte pauvre diplomatie de carrefour — étant, dis-je, admis que le roi des Hellènes viendrait de trahir l'intérôl de son peuple, cl parlant, de sa dynastie, pour n'écouler que les sympathies de la reine Sophie, sa femme, sœur de Guillaume II, avocate obstinée des intérêts allemands, tous les esprits pratiques auront naturellement élevé au ciel un soupir de regret en songeant (juc, dans ce cas-là, l'empereur boche possède un instrument de diplomatie, un moyen d'action européen, qui échappe de sa nature à la République française :

Ah! si nous avions les mômes ressources! Ah ! >i nous disposions de moyens analogues! Ahî si une famille royale? régnante nous permettait de poster dans toutes les cours de petites princesses et d*' petites reines qui mâcheraient la 1 à nos

ambassadeurs, correspondraient avec nislres,

seraient partout les protectrices vigilantes, les ardentes auxiliaires de notre action....

Il n'y Q qu'une objection d'apparence un peu raisonnable à ce regret-là : — Si nous avions des reines

C.V.. .a autres, les an»"- ••" •him!»mi< <•'«</ : ..i el cela se compenserai!

Mais celle compoa&atiuii uàattiéajaliquc, vraie dans labslrait, csl vile reconnue fausse dans la réalité, la réalité française ayant la vertu naturelle 1er, par son preslige el sa splendeur, les sou- - venues du dehors, tandis que les lilles de France, tout en remplissant avec loyauté leur devoir d'épouses el de mères à l'élranj^er, n'ont jamais bien su oublier le plaisaiit pays de leurs frères etde leurs aïeux. Elles ont loujoui*s eu pour lui ce faible secret qui leur fit rendre de si nobles et de si fidèles services au palriolisme natal.

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