‹ Les conditions de la victoireChapitre 91 sur 204 · LES DEUX INTÉRÊTS · texte numérisé non relu

LES DEUX INTÉRÊTS

Cette réponse raisomiable à une objection qui n'est pas dénuée de raison, pose d'ailleurs sur un terrain ferme, net, bien délimité, celui de Tinvenlaire de nos ressources, de nos lacunes, de nos biens, de nos maux, de nos forces, de nos faiblesses, la recherche de ce qui peut nous accroître ou nous garder de diminution. Le présent bien connu, l'histoire interrogée avec loyauté, fourniront les moyens normaux de résoudre ces importants problèmes, au juste règlement desquels nous sommes tous intéressés, et auxquels chacun devrait donc porter également ce qu'il a d'allenlion el de clairvoyance....

Mais c'est bien de cela que se soucient nos politiques !

Au premier bruit d'un différend possible entre le peuple grec el son roi, d'une explication possible de ce différend par l'inlervenlion de la reine, d'un

conflit entre le roi et l'intérêt national des Hellènes sur lequel ceux-ci ne semblent ni nnanimes, ni fijcés, nos clignes chimériques s'écrient tout de suite comme l'excellent M. Bos : « Quel terrible « argument contre la monsj'chieî Les intérêts d'un « monarque et les intérêts d'un peuple, cela fait « deux. » Peut-être! Mais combien de fois par an, ou par lustre, ou par siècle? Entre les intérêts de la nation et ceux d'une assemblée élue que le souci vital de la réélection condamne à toutes les surenchères et à tous les marchandages, il y a une opposition qui n'est pas de hasard ni d'accident, ni d'hypothèse, ni de rêve, elle est liée à la nature permanente des hommes, à celle des institutions. La contradiction entre l'intérêt royal et l'intérêt national peut se présenter, quand elle se présente, de loin en loin et par quelque hasard tragique. L'autre est habituelle, constante, universelle et elle sévit sans relâche du haut en bas de la mécanique administrative et gouvernementale.

Au surplus, un peuple s'aperçoit-il qu'il est trahi par sa dynastie, il a la faculté de la remplacer par une autre qui peut se régler sur de meilleurs modèles. Mais les élus restant des élus, restent en cette qualité les complaisants et les complices de tout mal national qui leur vaudra des voix. Comme tels, et tant que l'élection fonctionne, ils sont irrélormables par définition. Le virus électif les conduit régulièrement, quoi qu'ils fassent, à des actes ruineux pour le salut public, corrupteurs de 1 esprit public.

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