CONDITIONS GÉNÉRALES
Le pneumothorax artificiel est un traitement local destiné surtout à une lésion locale et n’agissant pas directement sur le terrain. Cependant ce terrain à une importance pronostique considérable, du fait de la plus ou moins grande résistance qu'il exprime. Le sujet chez qui on institue un pneumothorax aura besoin de toutes ses ressources pour résister d'abord au choc opératoire si minime soit-il, pour aider ensuite dans une très large mesure à l'efficacité du traitement. Il est incontestable que certains organes ressentent, momentanément au moins, la perturbalion de l'organisme. Le pronostic sera donc réglé dans une certaine mesure par cette notion de terrain.
De même chez certains individus existe une aptitude particulière à la réceptivité du bacille, l'aptitude biochimique particulière dont parle SERGENT, de même chez d’autres, certains éléments sont autant de facteurs de résistance au bacille et partant autant de facteurs, de conditions de succès, de guérison !
Nous allons passer en revue les divers éléments d'ordre général.
1° L'âge.
C’est chez des organismes neufs, chez de jeunes sujets que le pneumothorax trouvera ses plus beaux succès. La période la plus favorable s'étend entre 19 et 26 ans (Statistique de Naveau). Il semble que c’est chez l'enfant et. l'adulte que les conditions sont les plus favorables.
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Chez les gens âgés les statistiques sont bien moins bonnes. Chez eux les réactions pleurales sont plus fréquentes, comme l'irretractibilité des cavernes. Cela s'explique aisé-
ment par les formations fibreuses propres à ce stade. La plèvre ne décolle pas aussi bien par suite de la formation de nombreuses adhérences. Les organes fatigués ne soutien-, nent pas aussi bien l’eflort de l'organisme et les lésions! cardiaques mal compensées ne sont pas rares. ] | Aussi l'institution d’un pneumothorax après 40 ans, en dehors de l'indication qui n’est jamais très bonne, se pré-
ë . | sente sous des auspices moins favorables.
2° La gravidilé. |
La grossesse ne s'oppose pas à la collapsothérapie et Risr a pu dire que « le pneumothorax artificiel est'souvent « le seul moyen qui permette à une gestante tuberculeuse «d'aller à terme et de mettre au monde dans les meilleures « conditions de vitalité ».
Pour prévenir les graves évolutions tuberculeuses du post-partum, le Professeur E. SERGENT a préconisé l’institution d’un pneumothorax unilatéral, aussitôt après l'accouchement. D'après P. Garcin les résultats publiés notamment par NaAvEAU nous montrent que les tuberculoses pulmonaires post-puerpérales sont moins souvent enrayées par le pneumothorax. Aussi pouvons-noûs conclure à l'efficacité d’un pneumothorax artificiel institué précocement
pendant la grossesse, avant l'accouchement, |
3° Maladie non tuberculeuse.
La coexistence possible d’une maladie non: tuberculeuse | nous fait envisager un rapide tableau de ces affections à : longue évolution, dans leur rapport avec la tuberculose.
A) Le diabèle n'est pas une contre-indication. De nom- ; breuses observations ont montré que l’association de l’insu-
line et du pneumothorax était le meilleur traitement à instituer chez le diabétique tuberculeux.
LaBBé, Justin BEZANÇON et Courcoux admettent que le pneumothorax améliore le diabète, favorisant le redressement général de l'organisme. Cependant le diabète rend beaucoup plus aléatoires les résultats du pneumothorax, toutes les observations de la littérature préconisent son institution malgré le diabète.
B) Les affections cardiaques ne contre-indiquent pas le pneumothorax artificiel sauf à la période d'insuffisance cardiaque déclarée où l’on pourra noter l'apparition d’un accident cardiaque mettant un obstacle à la cure par le pneumothorax.
c) Les affections rénales, l'albuminurie, l'hypertension sont des conditions défavorables à la bonne marche du pneumo-
thorax. P. GarciN publie à ce sujet une observation d’une
malade mourant trois mois après le début du traitement avec des accidents d’anoxémie tardive et de collapsus
cardiaque et l’autopsie montrait l'existence d’une thrombose intra-cardiaque du ventricule droit ; les reins présentaient
des lésions importantes de néphrite.
4 Localisation tuberculeuse extra-thoracique.
L'existence de localisation tuberculeuse extra-thoracique, si l’on excepte la généralisation de la maladie et les cas où ! elles coexistent avec un état de cachexie et d'intoxication trop accentuée, ne doit pas a priori faire rejeter le pneumo-
thorax.
A) La tuberculose laryngée autrefois considérée comme
un obstacle, est au contraire très souvent amélioré par la suppression du foyer d'infection pulmonaire sous l'influence
du collapsus.