GLOSE
Dieu qui prodigue avec amour les épreuves aux enfants des hommes, refusa à la chaire sacrée les accents et le cœur de Jean de Bonne fan.
Cette éloquence si puissante et si rare, cette magnificence de trouvailles et d'images^ celte superbe divinatrice et évocatrice, cette flamme qui dévore et qui éclaire, cette grâce majcslueuse et qui porte avec soi le plus fin trésor des siècles et de l'éternité, cette prose de poète, enfin, grossie et sertie d'éclats, de gemmes, d'épithètes et de métaphores, ce verbe unique, donc, était à iétroit dans les colonnes laïques et égalitaires des revues et des gazettes d'un jour.
Celui qui a ressuscité Tertullien et Lamennais, Bossuet et Veuillot, Saint-Simon et Barbeg d'Aurévilli/, qui a traduit les
secrrls jn'inciers^ royaux, impériaux et pontificaux en échos de tonnerre , r/ui a prêté et donné sa fougue et son autorité aux causes les plus justes et les plus désespérées^ cet archange déguisé en cardinal guerrier de la Renaissance, auquel il faut la cape et l'épée, la cappa magna, iépée et la cuirasse ouvrées par Benvenuto Cellini, vous allez l'entendre, lectrices et lecteurs, parler sa langue de lumière. Car les phrases et les mots jaillissent du papier, en relief, et vivent leur vie sonore et profonde, dans l'harmonie des harpes qu'ils chantent, des poètes r/uils glorifient, des héros qu'ils sanctifient.
Fleuve et foudre^ rythme et caresse, intelligence et pénétration, ce génie oratoire, littéraire et musicien, ce génie si orné et si simple, va s'épandre, frapper, charmer.
Je m'excuse, indigne et chétif, de V avoir contenu si longtemps^ d'un vain murmure et d'un pauvre éloge qui n est pas à la taille de l'orateur et du poète.
J'ai voulu seulement apporter à Jean de Bonnefon, sous le porche de sa basilique^ le tribut modeste et sincère de mon admiration et de mon amitié.