‹ Les confessions d'un révolutionnaire pour servir à l'histoire de la Révolution de Février (volume 2)Chapitre 12 sur 13 · De temps iinniémorial. l’Eint av.iii icndii · texte numérisé non relu

De temps iinniémorial. l’Eint av.iii icndii

se rendre indépendant do l’Eglise. Le temporel avait fait scbisnie avec le spirituel ■. les rois, ces premiers révolutionnaires, avaient soiifllelé' le pape de leur gontclel de fi'r. Us couiptaieut ne plus relever que de leur droit et de leur (‘pi'c ; lie comprenant pas que le droit monorebiipie est la mémo chose que le di'oit eanoui([iie. dont le souverain juge l'st le pape, et que le droit du glaive n’est aulre eliose que le ilroit d'insurrection, (lonf le souverain juge est le peuple. La liborlé parlait nu pape |tar la bourhe (les rois, eu atteiidanl qu’elle pai'bU au roi par la bouche des esclaves. La royaulé, s'insurgeant ronlre la papnulé, rnnuueiKg dés lors de niareber à sa perte. Le droit divin étani le Seul que les rois piisseni invü(iuereu faveur de leur iirérogative,la d(''Soiiéissaiiee au pape met- Init (le fait le roi en interdit, délitdt les snjeis du serment de fidélité, et si le roi eiilreprennit de les soumettre i)ar la force, les sujets avaient le droit de lui courir sus et de l’oecire. Ainsi l'avaient décidé les casuisles, longtemps avant ipie les républicains (b; Ui88 et 17ü3 missent eu l'ratique leurs le(;ons.

Le schisme existait donc dejiuis des siècles

eiUre raulel el le Inine. au grand doniniag(’ de l'Église el de la monarchie, mais nu grand pndit"des [(cuples, dont rémaiicipaliuii A’ trouvait sans cesse di' nouvelles forées. Au v'i" sii‘e!e, mil' euiijurntiou s'organisa pour aiTéler les progrès de l'i-sprit nouveau. La foinpagnie '• .lésas fut fondée pour rami ner, jiar la prédication et l'eiiseigiieiiieul. les rois et le.s |ieup!es ;i l'autorité papale, et pour concilier, aulnnl que possible, b's progrès et les besnins du siècle avec les droits saeréset iiuléfeetilib s du viribri' de .l('■sll,s-(:h^isl, Mais bientôt l'école piirilaini' (le .lanséniiis vint démasquer in tacli(pie de.s

1 peu plus tard, parureiil cloix'die, avec le

'iifmis de l.ovola. F ‘ s Voilaii

(le propri

des Français, eoii'onmi.a la séparaiion du lemporrl eid'usiijrituel, ou. pour parler plusju'ii', raiK'anlisseuieiil (b' crbii-ei.

T'FelisoiiuMlminilu'r, le principe d'anloriu’' élait i'rapp('' dans sa source, le pouvoir n'elail pbisqiiTiiie ombre, l'Elat tir." lietiun. Chaipie eiloyen iioiivait deuiauder au "'(luveruemeiil ; Hui es-lii |',oiu' (pie je le respecte et ipie je l'obéisse-.' l.e .soi-iali>uieiiefaiilij pasii luoulrer

(i'est en ee,^ ti'ruies nièuie< que la .'iiiestion s'i'tail pr, d ni te il l’.A-seuiblée e.-nsli tuante, dans la ,■•l■au(■e iueiuor;di|e du 2t) l(''Vi'ier 18'i9.

Le ciloAeii LKDiu-llm.uN. —'<Un bdi C.apilal.

(lui laissent une kingue b ace dans rbistoii e ,

LES COmSSlONS

vient (le s'accfiraiilir en Italie. La République vient (J'v êti^ jiroclamée ; le pouvoir temporel (les panes y a été frap^- de déchéance. C'est là, JKiur les amis de la liberté, une bonne nouvelle. » (Rumeurs et réclamation'.

L orateur dénonce ensuite le prcjjet d’intervention que les bruits de iKiurse attribuent au gouvernement. et demande « Si c'est pour ou contre la République romaine, pour ou contre le rétablissement de la puissance temporelle du pajieque le rainislère se proiiose d'intervenir’ ■>

Le citoyen DEorw de Lhits. ministre des afiaires étranfiores.—1> Le gouvernement n’a(iuiet pas de solidarité entre la Républicjue framjaise et la République romaine.... Ceci posé, je dis que la question est fort délicate, parce qu'elle pr^nte la nécessité de la condlialion du puuroir tmjmrd et du pouvoir .cpiriluel. Depuis qu'il va dans le inonde des âmes et (b^s corps. (■ est là le grand prolilême qu'on a cbercbé à r(^iudre. C’est la s<3lution de ce problème que nous chercberons avec bonne foi. et avec le désir d'arriver à un heureux résultat, »

Le citoyen LEDEC-RoiLrs. — (( 11 ne s'anil pas de concilier le temporel et le sjdrituel ; il s'airit (le les séparer. Votre conciliation n'ost qu'un cumul. c'est la confiscatii m de la liLiertc même.»

Les citoyens Ponour et .Vyues. — n L'exisleücede la papauté est attachée à ceUc conciliation : toute la catholicité y est intéressée. L intervention est un droit pour l'Eurojie. non pas catholique, mais chrétienne.»

Le citoyen Pr.uLDaoN. — c La liberté jiasse avant la catholicité 1 »

Ainsi la caus>" du gouvernement et celle du pa^’sc déclaraient solidaires. .Vu point de vue de la conservation du pouvoir, l'interventitin de Lcniis Roiiaparte dans les atUdresde l'Edise était li'(nquc. elle était une nécessité. Que dis-je’ c était une amende honorable au pape de ti lutes les révoltes et profanations commises depuis plus de nulle ans contre son autorité, jiar les rois, ses enfans relielles. En réialilissant le pouvoir temporel du pape, sans lequel le spirituel U est qu'un i>ouvoir de raison, comme l'âme sans le corps n'est qu'une alistraction. une oindre. disaient bes anciens, le gouvernement de a Républitiue française espérait se consolider lui-nièine; en attaquant la Montagne à Rome, la rc-action absolutiste triomphait de la ,Mont.agne à Paris. Donc, encore une fois, ou l'inlervention ou la mort, je veux dire la mort spirituelle. en attendant la mort physique ; telle était, (mur le gouvernement de Louis Bonaparte. la que.Mion. parfailemenl conqtrise 'lu reste par bs socialistes et les jc^uites.

Toutefois, et e'(*st ici qu'apparaît le carac- Icre cjuiviKiiie (]u'on a tant reproché aux proui'.iteursde l'intervenlion. le i:ouvern(uneiU de Louis Bonaparte, composé en majorité d'ancieus litiéraux. ne pouvait, sans mentir à ses antécédens ciuistitutionnels et à 'es traditions de libéralisme, sans froisser le sentiment dé¬

mocratique et philosopbisfe du pays, prendrd d'une manière absolue la défense du pape. U’s faits accomplis depuis des siècles, et (fémiitivemeiit acquis à l'histoire; nos principes de (Iroit public, nos mœurs gallicanes, notre indifTérence endérai((uc en matière de religion, notre athéisme légal, tout faisait au ppuvoir une nécessité de n’agir qu’avec mesure, et, cliose singulière. tandis qu'il intervenait en faveur de l'absolutisme, de se porter encore garant de In liberté. La contradiction le suivait partout. Si le gouveraement. disait M. Odilon-Barroi.

prend fait et cause pour la papauté contre la démagogie transtéverine, c'est bien moins encore pour rétablir le souverain pontife dans son inviolable prérogative, que pour faire jouir le pcujile romain, sous un gouvernement sainl. et iiaterncl. d'une sage et hoimêle liberlé.

Le Gouvernement n'enteiidait pas confondre.

comme le lui reprochait Ledru-Rolliii. il voulait cov'cilier les deux pouvoirs spirituel et Icniporel.de la meme manière qu’il avait prctemlu concilier déjà, par laCharle de 1830, la 1110narcbie et la liberté.

Ainsi, sous la formed'une papauté constiiutionnolle. faisant pendant à cette royauté constitutionnelle trois fuis renversée (lar ceux-là mêmes qui l'avaii.mt créée, les ministres d»

Louis Bona|iarte se chargeaient de résoudre (ni pniblOrne ipje la philosophie a dès longteinu' liéclaré insoluble; ils refaisaient au nom du l'ape. et malgré le pape, le livre lie cet ablé plulosopbe. de l'.iccord de lu Raison avec In Foi . livre duqui‘1 il résulte précisément, contre l'intention de rauleiir, que la Fui (H la Raison Sont à jamais inaccordables. Ce que les doi:- Irinairès allaient essayer à Rome, c'ét.iit coque, depuis soixante ans,'là Révolution avait démontré impossible, l'union de l'autorité et de la liberté. quelque etnase comme la tmadrature du cercle et le mouvement perpétuel !

On reconnaît à cette politique d'autant d'illusion que de bonne foi l'esiirit du juste-milieu. prenant sans cesse un rnccommodemeiil pour une conciliation, et (pii, i>ar la peur des extrêmes, se cnudaiime fatalement à l'iiiertii! ou se rejette dans l'antagonisme. Ce que clierclie réclecli(]ue eu jdiilosopbie, le doctrinaire a la prétention de le protiuire eu iioliliipie tant il est vrai que les actes liumains ne smii que la traduction des idées '.

Vous demandez à réclectique : EIcs-mhi' matérialiste^ — Non. répond-il.

Spiritualiste■? — Pas davantage.

Quoi donc'; réaliste'/ — Dieu m’eu garde'.

Iiléalistp’ — Je distingue.

Panthéiste’ — Je ne sais.

Atliéf? — Je n'ose.

Si-eptique’ —Je ne puis.

Allez donc ; vous êtes un charlatan ou un imbécile!

La politique du doctrinaire est la reproduction exacte de cet éclectisme.

n ry RÉVOrX'TIONNAIRE. OÔ

Que pensez-vous de la République? — Fait Oublieux di’ leurs propres maximes. niiVon-

oecompli. naissant l'e.sjirit delenriiisliliil, alors qu'il fal-

l)e la monarchie? — Je ne sors pas de la li’- lait faire la part au prineine antanouisie, ils

gatité. Youliireiit, roiiime autivfoislecoueiiiMieTrenle,

Du président? — Elu do six millions (le suf- avec la Uélbrnie, eu Ihiir avec lui. Devons

frajîes. d'une lon.irui' soif de ventreance, ns lionimes.

De la Constitution? —Résumé (le nos idévs dont le fatal pénie avait itnuss('' r.Xsseinbh's'

politiques. constituante aux fum'nailU.'s de juin , euient lij

Du socialisme? — rnbién-'Use utopie. crédit de la rendie coinplicetmcire du lioniliar-

De la propriété? — .Xbiis nécessaire. dement de Rome. Ils voulaieiil. dans lents fol-

Croyez-vons à la retiaion? — J(‘ la respecle. les p(‘iiS('‘es, exierinint'r la protesinti((n di' des-

l'rovez-vons à l’épalilé? — Je la (l(■sire. sus la terre ; ils n'onl réussi ,|ii'à (’oniproniei-

Croÿez-vous au progrès? —Je ne m'.v op- Ire. delà manière la iilns (h'iilorahle, fexis-

po.sc pasl...

l.'éelectitiue et le thrclrinaire, an-dessus d'eux lojé.suite, xoilà lesIroiséléinons (pii dans ce niomeiit gouvernent la France, j’ai ]ires(|ti(‘(lii. (pii de tout temps ont gouverné le monde. I.e dernier, représentant du prineiii(‘alisolntisle. a été, comme le socialisle son conlrndicleiir, soiiVPlll proscrit: l’Eglise nii'ine. par la voix de ses papes et de ses évè([U(.s, s'est niontnV pour lui plus d'une ibis .s(''vère. .Maliieiireu- .seincnt, ilans la conjonettire oit se trouve aujourd'hui l'Europe, au mnnieiil oit le pouvoir aux ahüis iie sait plus qtielb.’ pnlili(|ii(> leiiir, l’intluence jésuilitpie devait l'emporter sur l’écleclisme et la doctrine, et leur donner jtour un temps roxelusioii.

La coiispiratiou tentée ilès l'origine, outre l'autel et le trône, contre lalilterté, reprit donc son cours fatal. Le crime qii'exigeail une Ihi'-ologie implacable fut eonsomrné par une philosophie sans ci'ilérium, mère d'une iioliliiim' sans bonssnle. Sur la proposition île Jl. (l(ii|(in Barrot, l’Assembb'e nationale (b'créln (|ii’une armée fran(;'ai.sp irait prendre position à Ci\ila- Veccliia. C'était voter la guerre à la Répuliliqiie ; les faits se cliiU'qèrcnt vite de réaliser l'idée.

A cette attaque de l'absolutisme qu allait répondre le socialisme?

La guerre faite aux Romains lui donnait tro[i beau jeu, et il est inconcevable (pi'avcc leur habileté si vantée, les jésuites se Iburvoyassmil à ce point. Le dilemme posé, cnmiiie ihirni d'Ctre dit, entre la papauté et la liborlé, il était évident, quel ijue fût le surcès de rexiiédilion. que la papauté y périrait. t)u bien, livret' à ses propres forces, elle disparailrait sous les réforines de Mazzini ; le pape, privé de s(jii autorit(' temporelle, n’étant plus (pie l'évt'apie de Rome, le premiersalarié du culte suivi par la majoriU' des Romains, n’étail rien. Renfermer le ealholi-

cisme dans ses églfses, c'est l'exiler de la terre, mes de Dieu, poser dans toute eenseience le Ou bien, restaurée par les haiouueltes étran- fatal dilemme; monirerle eathnlici'iiK' de pei'gères, cimentée du sang de .ses .sujets révoltés, si'Ciité ilevemi persécuteur, de marlyr boiir- (ieveuue un objet d'iiorreur pour le monde rt'aii: j'Eglise romaine dianmv en furie; un clirélieii, la papauté mourrait de sa propre vie- pape faisant bninbariler ses otiailles; les caixlitoire : un pape, vicaire du Christ, qui règne nnux et h's iirèlres dressant les lisles de propar le sabre, est le blasphémo sous la tiare ; .seription: les travailleurs ei les pauvies, ladis c’est l’Anteclnlst. les hommes de la foi, les mrithurs amk de hieu,

La passion réactionnaire cmpiprla les jébuiies. mamtenanl déclarés anttlliCmc, landis que la

richiss-'- incriMulf' ol iiiwi tiiio ctait riire^sée C-i applaudit'; le Lr.iuvernenient iruiie république, ealîn, p^-icnardanî de ^anu-fruid, au signal de la OnuréOTiion. une autre république, el rel.T parer qu'il est souveriu-ment. ci ipic suivant la tliénrie uUramontaine, tuut gouvernement qui ne relève pas de la papauté est une institution usurpatrice, un fait illéiriîime,

La presse dénux-ratique rivalisa donc avec les oruanes du jésuitisme li'ardeur désorganisatrice. L" Peuple, jusqu'à son dernier jour, st'inua héroiquenienî la chanre ct.intre la pajiauté homicide. La propagande atteignit jus-

Je II ai jamais eu caine du sabre; j'ai to l'ius l.rutalequ'intelligi

ibli-

' l'ai.

5 bancocrat -au séjour.

uti nir ii.jiiv iniluence. Coupable envi ;o d'assassiiiat et de parjure, le docli

naire se frappe la poitrine. Le jésuite vient, et dit ; Partfins!

Evêques de France, je vous parlerai avec franchis.', sans égard à 1 opinion que je représente.

- Rien ne se détruit dans le monde; rien ne se perd ; tout se développe et se transforme sans cesse. Telle est la loi des Cires, la loi des institutions sociales. Le catholicisme iui-ménie, exjiression la plus haute et la plus complète jusqu'à présent du sentiment religieux: le (iouvcrnenieiU. imago visible de l’uiiité politiqui'; la Propriété, forme concrète de la liberté indiviiluelle, ne so peuvent totalement anéantir. Quelque transfuriuation qu’ils aient à subir, ces éléiiiens subsisteront toujours, au moins dans leur virtualité, afin d'imprimer sans cesse au monde, jiar leur contradiction essentielle, le m.iuveiiicin. Le catholicisme, travaillé depuis tant de siècles (lar la lilire pensée, apres s'étre tour à tour iirspiré du génie romain et de l’esprit féodal. devait se rapprocher, par le dével.jlipcment des idées sociales, de ses origines i srecpies et philosophiques. La guerre intentée .1 la iteiuiiiii.nie romaine, soulevant contre l'Eulis.;. la réjirobalion des peuples et déshonorant le catholicisme, \icie la révolution, trouble les [•ûnipTOmet la paix de l’Europe.

Le soci.alisme, dont la mission était de vous écrase ; |irenez garde. Séparezvous des jésuites, tandis qu’il en est temps encore, aveuissez votre chef Pie IX, ou vous (Tespeedus:

I XX. - as laai - 13 jnîn asao i Coustitoj lioiiaatUc du parti Bémocratique-Soriaiiste.

I L idée de ramener l.-- .socialisme tout entier h ; un prinripe unique, exprimé sous trois fûrme-i symboliqu.'s, le catholicisme ou la jiapauté, l.i j monarchie ou le gouvernement, el le capital I ou riisure, puis de déduire de ce principe tout.; j la révolution de février, portait ses fruits.

Le gouvernement, toraW en des mains fanatiques. se détruisait comme à plaisir : on eût dit qu'il obéissait au commandement du Peuple.

\ L'opinion publique tournait <à vue d'œil; par- I tout les candidatures s’étaient posées, et Us j .‘l.'cleurs avaient voté sous l’inlluence de cette I oiiiiiion. qu’en France il n’.v avait plus désor- 1111 1 mais que deux partis, le parti du Travail et 1.'

parti du Capital. Les conservateurs avaient ae- .'iii 1 cepté la question ainsi présentée; la monarchi.; et la papauté étaienl reléguées sur le second plan. Onétait démocrate-socialiste, ou Ton était lé.iclionnaire,

il- I La constitution prêtait elle-même à cett.; classification. Aussi révolutionnaire que con- ! servatrico, aussi socialiste que politique, elle j 50 prêtait à toutes les interprétations ; la question était de savoir do quel côté pencherait la I balance. Peu importait même que le socia- 1 lismefùt. pour.quelque temps encore, en mi-

renversèrent four à tour, et la monarcliie qui en appelait à la constitution, et la Gironde qui en appelait à la légalité, et qu’en foulant aux pieds la constitution et la légalité, ils sauvèrent la révolutionl.. Laissez donc aussi la légalité périr, la constitution se déshonorer, la réaction s’enferrer, et les révolutionnaires faire leur besogne!...

En vérité , si les journaux dont je paiie, et dont la passion a fini par prévaloii-, avaient entrepris sérieusement de justifier, par la nécessité révolutionnaire, leur inconsiuutwiuiahsme g-stématique, le public aurait su alors de qüoi il s’agissait ; la Révolution discutant au grand jour ses moyens, le peuple se fût prononcé eu connaissance de cause. Alors, soutenus ou condamnés par le peuple, les radicaux am-aient vaincu le 13 juin, ou bien la manifestation n’aurait pas eu lieu.

Mais le parti populaire, conduit par une influence malheureuse. ne fut point éclairé sur la route qu’on lui faisait prendre. Soit ignorance de la question, soit défaut de franchise, la presse démocratique, un instant réunie contre le Peuple, se tenait dans un vague déplorable. A cette question, posée earréinent, si-, dans le cas où le parti démocratique et social serait appelé aux allaires, on devait respecter ou abroger la Constitution, la Bèmocmlk pacifique^éponàsH par un faux-fuyant délayé en dix colonnes : elle s’en référait, disait-elle, à l'omnipotence du peuple. Pour les nus, des haines à satisfaire, le socialisme à éliminer, la dictature à établir; — ils l’ont avoué! ils l’ont imprimé ! — pour les autres des utopies à exérimenter, la fortune publique à manipuler, 1 nation à conduire, in llagelloel cirgù, comme un troupeau, voilà ce que dissimulaient à peine, sous les plus honteuses réticences, nos malheureux adversaires.

Certes, le Peuple savait ce qu’il faisait, et où il voulait aller, lorsqu’apr'es le succès inespéré des élections il exprima la nécessité pour le socialisme de se poser comme parti constitutionnel et légal. Nous avions lu, comme tout le monde, notre histoire de la Révolution ; nous eussions avoué, peut-être, pour peu qu’on nous en pressât, que le formalisme des girondins, en soiiiTéproehable, était intempestif et dangereux; que la légalité ayant été balayée par l’ouragan de 92, if était ayez mconséqheut de s'en prévaloir en 93.

Mais, de ce que sous le nom de démocratessocialistes, nous étions les continuateurs de 93, s’ensuivait-il que nous eu dussions faire, en 18i9, la KÉpÈTiTiox? Le Peuple te niait absolument. U soutenait que la Révolution, au point où elle est aujourd'hui, ne peut jilus avancer que soutenue sur la légalité et la constitution; il regaivlait en couséqiieiice comme également ennemis de la démocratie sociale, et les conservatem's qui lui résistaient et la persécutaient, et leîfaôicapx imnieUigetos qui, sous

prétexte d’assurer son triomphe, la poussaient à l’absolutisme. Ajoutons maintenant que le meilleur moyen de faire rétrograder l’idée de février, sinon de la tuer,, serait la création de ce pouvoir dictatorial réclamé par Louis Blanc, et inutilement soUieilé en mars, avril et mai lSi8; par les démocrates.

La question se trouvait donc ramenée à ecs termes :

■ La révolution, enlR'i-h, comporte-t-elle les mêmes moyens d’action qu’en 1793’!

Pour ma part, je réponds sans hésiter ; Non, elle ne les comporte pas. Et la raison, c’est que la Révolution en 1793 était surtout poliligm. et qu’eu 18'i9 elle est surtout socule.

La révolution, en 1793, était le terme du .mouvement commencédîpuis plusieurs siècles par les communes ; élévation du tiors-état au niveau des ordres supérieurs , aholition des privilèges ecclésiastiques et nobiliaires, égalité devant la Loi. En 93, l’ordre public élaborait sa constitution, mais seulement au point de vue politique, en dehors des données de l’écoiiomie sociale. Pour tout dire pai un seul mot, la révolution en 93 ne s’adressait qu’à des prérogatives de caste; en 18'r9, elle louche ii la préro.galive de l’individu même, à ce qui j conslilue dans la société moderne l’homme ei I le citoyen, la propriété.

Je regreltesincèrement, pour les semi-socia- 1 listes, d’avoir sans cesse à leur rappeler celle I considération, qui les fait murmurer. Mais il faut qu’ils en prennent leur parti ; il n’y a pas de réforme sociale possible, pas do garantie du I travail, pas d’assistants publique, pas d’instruction gratuite, de circulation gratuite, d’émancipation du prolétariat, d’extirpation du la misère, sans une modification incessante, du quelque façon d’ailleurs qiiff celte modificaiiou doive s’opérer, de la jiropriété.

Qu’étail-ce donc, après tout, que la révolution de 89’î — Une assurance générale dus pro])riéié3 du tiers-état, contre les avanies cil iirivilége léodal.

Qu’est-ce que la révolution do 18.78? —Une assurance générale du travail, contre les abus de la propriété.

Que de soi-disant républicains me maudissent, ([ue les plagiaires du vieux jacoliinisnic me dénoncent au"tribunal révolutionnaire, ils ne m’empècjj,eronl pas de répéter ce que je sais et qu’on ne réfutera pas, ce qu’il est de mon devoir de dire bien haut, afin que le peuple se tienne sur ses gardes et me désavoue si je suis dans l’errcui', ou ([u’il m’appuie si je suis ilans la vérité : c’ek (jue révolution sociale, droit an travail, crédit.gratuit, impôt progressif, impôt sur le capital comme sur le revenu, et peipétuilé de la propriété—danssa forme actuelle,— sont tous termes qui impliquent contradiction. La question, pour ceux qui ont étudié la matière, n’est plus de savoir conîment on peut accorder la propriété, telle qu’elle est, avec

D'TJN RÉVOLDTIOmiRE;

rextinctiûudüpi’olétai'ial; mais comment il est

riûssible d'abolir le prolétariat, et par suite de transformer la propriété, sans faire tort aux propriétaires, sans désorganiser la société.

Or, qu’avait à redouter la propriété, en 93, do la dictature de la Convention? Kien, absohiniont rien. Il y eut des nobles expropriés, ruinés, jéle veux ; c’était pour cause politique,, non pour raison économique. Ils fiironl frappés comme nobles, comme aristocrates, comme émigrés, etc. ; jamais comme jiropriélairos. Dos rétpiisilious furent établies, stiivanl le principe (le l’impôt progres.sif, je le sais encore : mais (!cs réquisitions étaient annoncées par ceux mêmes (|ui les établissaient comme temporaires et exceptionnelles ; elles ii'avaient rien de sys- Icniatiqne. C’étaient des lois, non pas organiques, comme le projet de M. Passy cl celui de 11. Goudehaux, mais do salut pulilie. Considérées dans leur résultnl, elles élaiont la prime (l’assurance payée, une fois pour tontes, à la Itévolution ]iar la propriété.

U diclalnre fut donc fnilc, en 93, non poiiil cniilre la propriété, mais pour la propriété. Ce qui louibaitsous le coup de celte diclaliii'e ii'élail poini la société, vivante alocsdans le lierséial; c’était la casic qui, par le progrès du lonips, s'étnil mise elle-mciiic hors dé la société. Et o’osi encore ainsi que les Romains avaienl conçu la diclalnre : chez eux elle apparaissait do temps à autre, non pas pour réformer les iiislilnlions, mais pour roponssor ronnomi.

Ici je ne puis me défondro d’un rapprocliomeiit pénible.

Une quesUon sociale, sous le nom do loi mjrdire, avait clé posée jinr les Gracqncs. Or, pendant vingt ans qtio dura l’opposition dos deux frères, on les vit procéder conslamment par les xmies légales ; jamais ils ne réclamèrenl lebénélîced’une diefatnro. Il ne s'agissnil |ioiirlanl pas, comme aujourd’hui, dcmodilierla propriété romaine : il n’élait que.stion que tle répartir les terres conciuiscs sur les ennemis: encore celle réparlilion nocievnil-elle pas avoir d’ellet réiroaclif. La loi agraire proposée par les Gracques était d’une saine politique : elle .seule, en soutenant la plèbe, pouvail iMdormir la République cbancolanto, et refouler l’iisnrpalion dos Césars. Mais parce que celle loi semblait une reslriclion nu droit '(rncbolor et de posséder, et conséquemment louchait au droit de propriété, si absolu, si inviolable cbc?. les linmains, la réforme Icniéc par les Gracques ne put s’effectuer comme ils l’cntcndaienl ; les deux tribuns succombèrent l’un après l’aiiire. victimes de leur amour du peuiilo et de leur respect pour la loi. Quant'à la loi agraire, on va voir ce qui en arriva.

D’instilution économique qu’elle avait clé d'abord, la loi agraire devint bioiitôt alfaire politique; elle servit à la fois de prétexte et d’instrument à des ambitieux sans principes,

Marius, Catilina, .Tules-Césat’, cliefs de la démocratie socialiste du temps. Avec le dernier, la,plèbe finit par rempoi'ter sur le patricial. Mais elle no jouit pas de sa victoire : elle n’en ■'ecuoillil, au lieu do la liberléel de la richesse,

qui

. Alors

! des

a Consi

d’élro cbo.se d’insUtulionpoiir dm 'ei'iieineni, s’il préloiiil s'élal rite diclaloriale, il ne réussira qi sociélé et à soulever des réactions la violaliou de la propriélé, il aui .snbilion du pays ol la confusion d Mais CCS cnnsidéralioiis, rpii to 5once do la propriélé, ne soiil rii près cio colles que soulève dans le,deriio.s le soin de la circulalion, d la vie même du peuple, l’eu do lemps après les journée

■ndance des forlnnes:

s ipii avait pu, grdee

socialisme doit avoir (oui le monde pour anleiir Pt complice, à poiiio de créer niio confusion babvionicnne, une lyrannie.. une inisèiv épouvamable.

(I) Ce qui so passe on ee mnraenl i .. ...

la plus iciTiblc do.s previsions du Ilepréicniimt du l’eupte, ],a propriélé, aniiiliilée par le dél'aiil de cirndaliüii, ne rendant plus rien ans prupriélaircs, dévorée par le fis par l’Ii.vpolhèqiie, a cessé, à Paris surlout, d’elre une ■—nie, pour devenir la plus intolérable des servitudes.

1Q8 les C0SFESSI0>^5

Certes, rien de plus facile, sur le papier, que de racheter, au moyen de rentes sur l’Etat, canaux, chemins de fer et mines, mndes propriétfe et grandes manufactures; de substituer des corporations ouvrières aux compagnies en commandite; défaire des propriétaires et entrepreneurs actuels des directeurs salariés par l’État, etc., etc. On a to avec quelle confiance Louis Blanc, d’accord avec les notabilités du Luxemlxiurg, proposait d’opérer par décret le transport du personnel, du matériel-, des propriétés et de toute l’industrie du pays.

Eh bien! quand les droits et devoirs des associés, travailleurs, directeurs, inspecteurs, apprentis, etc., sous ce nouveau régime, eussent été définis, — et ils ne l’étaient pas;

Quand les attributions de chaque industrie, de chaque société, de chaque individu, eussent été fixées,—et elles ne l’étaient pas;

Quand les salaires de tout ce personnel, le prix de tous les produits eussent été déterminés,— et ils ne l'étaient pas, il était impossible qu’ils le fussent;

Quand, au moyen de bénéfices imaginaires, on aurait trouvé le secret de faire rembourser par les associations ouvrières le capital mobilier et immobilier que l'Etat aurait racheté pour elles,—et la plus simple notion d’économie sociale démontre que l’idée de rachat universel des propriétés exclut la possibilité de remboursement ;

Quand toutes les volontés eussent été d’accord,—et la plus profonde discorde régnait au sein même du socialisme ;

Quand toutes ces choses impossibles à régler par la discussion, inaccessibles à la théorie, eussent été décidées,—et l’on n’avait pas résolu le plus simple problème :

Je dis encore que la moindre chose qu’il y eût à faire avant de se mettre a l’œuvre était un inventaire, et je déclare que j’eusse préféré mille fois la mort à la dictature, plutôt que de me charger d’un pareil déplacement de fortunes, de fonctions, de personnes, de matériel, et d’intérêts.

Est-co bien sérieusement qu’on a rêvé d’accomplir une révolution sociale, avec l’absolutisme d’une convention, d’un comité, ou d’un dictateur? Conçoit-on ce qu’eût été le recensement, l’estimation, le transfert de toute la richesse mobilière et immobilière du pays, avec le déplacement de tous les individus, travailleurs, entrepreneurs, capitalistes et propriétaires : ce qui supposerait l’ouverture immédiate de deux ou trois cents raillions de comptes différons, sur les livres de l’Etat et des associations nouvelles? Car, une fois engagé dans cette voie, il aurait fallu la parcourir jusqu’à la fin : les départemens, les villes et les villages auraient voulu suivre l’exemple de Paris; les métiers auraient été atteints comme les manufactures; la petite propriété aurait suivi le sort de la grande. Tout ce qui serait

resté hors du mouvemeftt devenant obstacle au mouvement, il aurait fallu généraliser le système tous les jours davantage. Plus le râclial (l’expropriation sans indemnité) de certaines portions de la fortune nationale aurait suscité d’obstacles, plus l’impatience révolutionnaire aurait cru s’en délivrer par des expropriations nouvelles. Qu’on se le dise, la révolution sociale , tentée par voie de rachat et siilislitution, comme l’avait imaginé le Luxembourg, ne pouvait aboutir c[u’à un immense cataclysme , dont l’eflet immédiat eût été de paralyser le travail et de stériliser la terre, d’arrêter court la circulation, d’enfermer la société dans une camisole de force; et, s’il était possildo qu’un pareil état de choses se prolongeât seulement quelques semaines, de faire périr, par une famine inopinée, trois ou quatre millions d’hommes.

Mais admettons, par impossible, que la révolution sociale, d’après les idées du Luxenihourg, eût pu s’opérer sans précipi talion ni désordre, sans perte de temps, frais ou avaries. On m’accordera du moins que fout ccl.-i ne se pouvait faire sans une police, un ordre jrahlic quelconque, ne fût-ce qu’à titre de pni-isoire. La dictature même, toute dictature qu’elle eût été, aurait ou besoin pour les alfaircs politiques d’im ministère ou gouvernement provisoire, pour l’industrie et l’agririilture d’entrepreneurs provisoires, do fèrniicrs provisoires; bref, de lois, de codes, de trihunaux provisoires, d’un état légal ciilin, sans doute imparfait, mais lel quel indispensable, et que pour cette raison l’on aurait déclaré, comme la Constitution de 18V8, essentiellement réformable et sujet à révision.

Pourquoi donc ne pas déclarer tout do suilr quG.le régime établi serait oliscrvé jusqu’à révocation r et la réforme proclamée seuleiiieni après expérience? Fallait-il, eu attendant tproii eût fait une autre Constitution, laquelle ii'eiil pas manqué d’être progressive, par conséquciil susceptilile d’être toujours révisée, par conséquent provisoire, discuter, voter encore une Constitution provisoire? A quoi bon celte pcrlr de temps? Pourquoi ne pas se mettre iniinr- (iiatemenl à l’œuvre en s'appuyant sur mir Constitution toute faite? En quoi les radicaux, devenus les maîtres, avaient-ils liesuin de la violer?... Elle ne garantit pas, dit-on, le travail! àlais elle a’empêclic pas non plus d’en solliciter l’organisation, si tant est, que lonjanidation du Iracail ne soit pas un mol vide de sens. Voulait-on intervenir en faveur de la Hongrie et de Rome? La Constitution ne l’cmpêclmit point, pourvu toutefois que rintorycntion n’eùl d’autre but que d’assurer la lünc manifestation du jK'uplo romain dans le clioix de son gouvernement, c’c.sl-à-dire de lo protéger contre l’étranger. Comment la présidence de la République, à laquelle Ledi'U- Kollin s'était, en décembre, porté candiclal.

ii'aurait-elle pas suffi aux exigences du parti, Je me résume donc, et je dis que le maintien et quelle nécessité de la convertir en une die- de l’état légal existant au 13 mai était à la taturo?.".. démocratie de la nécessité la plus absolue pour

De pareilles questions ne se discutent pas : la réalisation do scs espérances ; les poser, c’est les résoudre. Le Peuple, en in- Qu'il en était do même do la Constitution, sistant sur la constitutionnalité du parti démo- attendu qu’on refaire provisoirement une autre, cratique et social, dans la prévision d’un rovi- était inutile, et que se jeter dans l’arbitraire renient politique, servait mieux les intérêts do était imiiossible:

la Montagne qu’elle n’,avait fait elle-même de- Qu’aiusi, se placer vis-à-vis du p.avs et du puis uii ,an. Le refus d’accepter, sans arriére- pouvoir hors de la légalité et (je la Constilupensée, la Constitution, alors que de cette ac- lion, alors qu’on ne pouvait avoir le pays pour ceptation des Montagnards dépendait t’adjnnc- soi, alors qu’on ne pouvait vaincre, que par la tion au parti de la plus grande partie dos hour- Constitution, e/élait faire acte de folio cl de geois, était aussi diîpourvu de raison que de po- mauvaise foi.

lilique. C’était une trahison envers le soda- .•frrôté le .5 juin, le temps in’a manqué pour lisme et le prolétariat, un crime contre la Ré- développer dans le Peuple ces idi'cs, (pii eussent volution, •peut-être fait .ijourner la manifestation du 13.

Dira-t-on que j’exagère à dessein les cotisé- Une mauifestal'ion ! grand Dieu! au moment quonccs d’une autorité dictatoriale, pour me où les enfaus terribles du parti muaient de donner le \ilaisir d’en démontrer ensuite l’ab- compromettre leur cause, ou hé.silaut. par surdité; qu’il n’a jamais été ([ucsliou, dans le excès de puritanisme révolutionnaire, à se plaliarti i-adical, d’abroger do ]ilciu saut toutes les cer résolumentsur le terrain de laCou.stitulion, lois, de déposs(;der lès citovens, de déplacer les cl eu parlant de dictature! l ue mauilestatioii fortunes, do transposer et'inlerverlir, avec les qui semblait dire au p.ays ; Louis Donaparle. idées, les hommes et les choses'? nu vont pas de la Consliltilinn, et nous lûm

Oh! je sais à merveille que le néo-jacobi- voulons |iasdavantage! Louis lionaparle, in-

uismo est fort peu socialiste, si peu que rien ! tervonant en f ' '.... m..........

je sais que, la victoire remportée, on se pro- a violé la Constitution : et nous, en iutervenaut posait de jeter la question sociale par-dessus le en faveur de Mazzini contre le pape, nous ne

bord, et de créer au peuple de telles distrac- violerons pas la Cousiilutiou! Connue si intervetious, que, sauf le ministère du progrès, de- nirdans Icsallaires intérieures d’uim répuhli-

nniulé par Louis lîlauc, sauf les quelques mil- que, do ([uclq((c manière que ce soit , u’élait

lions do crédit jetés S Coiisidéraul et aux .so- pas toujours p.orler atteinte à sa liberté, et par

ciélés ouvrières, il n’aurait pas eu le temps de conséquent violer la Couslitutiou !...

songer <n l’orgnuisaliou du travail. La réaction Lesesprils étaient montés, la r.iisou devenau était prêteet contre les modérés, et couIik les importune. Le; Peuple était accus;', couuiic l’eri,

socialistes, comme eu mars, avril, mai et (l(qà la Loû -(/h fVap/r, (le n(''g'Ociersa réconci-

juiu j8'i8. So iiouvait-il autrement!... lialinn avec le pouvoir, do chereher à se rendre.

Mais je sais aussi que ces fuis politicpies possible, ol, qui pis est, do faire sourdeineul

complaieul, comme l’on dit, sans leur luile, ce do la réaction aux idées sociales. La polili([U(î

tcrrihlo hôte qui s’appelle la toÿù/w, et qui est des manifeslalioiis l’emporta,

ino.vornhle dans le peuple comme la fatalité. Je Je suis loin de dire (|ue c('llo du 13 juin lut sais, do plus, qu’après avoir réuni les hanqin.’S illégale. Le peuple, appelé ptu’ une fracti(.in

à l’Etat, les canaux à l’Etal, les chemins de fer consi(l('rahlede l'.-Vssemhléc bjgislative. avait le

à l’Etal, les mines à l’Etat, les assurances à l'E- droit de manifester son opinion dons une cir-

tat, les transports à l’Etat, une foule d’autres constance aussi grave, et de prononcer en

choses encore à l’Etat, suivant les principes de dernier re.ssori, entre la minoriti! desreprésijii-

réconomio domestique, gouvernomentalisie, et laus déclaraul (|ue la Conslilulinn élait yio-

communaulaire; après avoir établi l’impôt iiro- kie, et la majorité al'lirmaut qu’elk! ne h'iait

gressif, aboli l’hérédité, rendu l'euscignement, ])as. — Je u’accuso pas (lavaut.age, il s’eu taiil,

y couqu'is l’apprentissage, commun, l'/rataù et les citoyens qui oui pris part à la manifesta-

bhligatoiro, organisé la concurrence, c'est-à- lion d’avoir vonin autre elio.se (pie le maintien

(lire le monopoïe, dos sociétés ouvrières contre de la Constitution établie ; la presse démqcra-

l’industrio libre, créé des tarifs, fixé un mini- tique elle-m('’me, sur les observalious qui lui

muni pour les salaires, un maximum pour les' étaient venues de toutes parts, s’était rangée produits et les béuélices, établi le papier-mon- dans les derniers temps a la politique du Peu-

uaie, etc., etc.: je sais, iJis-je, qu’il eût été im- pic. Ce (juc je reproche ii la manifestation du

possiide de s’arrêter en si beau chemin, et que, 13 juin, c’est d’avoir été iu()|ipnrtuno, impq-

hon gré mal gré, on serait arrivé à un Iraus- liliipio, mal conduite. Le pays, la demoiiratie

hordemeni général do l’industrie, du coin- tout entière, en oui ainsi jugé ; s'eusiut-il (lue

merce, de la propriété, de t(.iut ce qui existe le pouvoir ait le droit do nous punir de noire

enfm, en hommes et choses, sur 28,000 lieues maladresse?...

carrées de territoire. Libre, je ne me fusse point sépare do mes co-

religionnaires politiques. J’aurais été, après Ixdru-Rollin et ses collègues, qui tous, diton, répugnaient à sortir des voies parlementaires, la plus innocente rnctime de cette fatale imprudence. Mon étoile et M. Carlier en ont disposé autrement. Or, ce qui serait vrai de moi aujourd’hui, l’est, à plus forte raison peutêtre, de tous les accusés de A'ersailles, com- ]iarans et contumaces : il n’en est pas uii. quoi qa’on ait dit, quelque vanterie qui ait été faite, quo le Gouvernement puisse accuser d’avoir pris part à une insurrection. La Constitution était violée. r.a conscience publique pi'Otestail, par la liouclie des .Montagnards ; il fallait, pour l’honneur du pays, qu’ils protestassent. Ilerrière eux, une inuliitude de citoyens manifestaient leur opinion. Mais, dans i’ignoraiice où l’on était généralement du droit républicain, incertains ue ce qui, dans une manifestation de cette nature, pouvait paraître légal ou extra-légal, négligeant les préKiutions, disons mieux, les formalités les plus indisjionsables ; apres avoir laissé répandre le doute, ne rencontrant plus que l’hésitation, ces mêmes citoyens, qui s’étaient levés pour la défense du droit, né furent plus que les compères de la police ; ils peuvent se vanter d’avoir servi'la République et protégé la Constitution comme s’ils eussent été des mouchards!... Doctrinaires et radicaux se sont perdus, les uns apres les autres, h la poursuite du gouvernement. L’esprit de vie s’est retiré de tous : ce ne sont plus des partis, ce sont des hommes.

Le i.3 juin n’en a pas moins créé au pouvoir de mortels emliarras.

Vainqueur une denii’ere fois de la démocratie socialiste, c’est à lui maintenant d’opérer la réforme économique, promise par la révolution de février. La xicloiré du 13 juin a été pour le parti de l’ordre une mise eu demeure, hi le gouvernement ne fait rien, il tombe; s’il fait

e |ue chose, il abdique, car il ne peut rien que contre le capital et contre lui-même, en un mol contre le principe d’autorité. La déchéance du capital et la lin du pouvoir :

voila la conclusion suprême du dileinme posé par l’élection du 10 décembre, et développé avec une effrayante énergie par les ministres de Louis Bonaparte.

Forcé de soutenir la légitimité de son succès, le pouvoir a intenté aux du 13

juin un procès criminel. Qui pense-t-i! convaincre par celle opiniâtreté d’amour-propre? Le procès de Versailles est un fait de jilus à ajouter à celte longue conspiration du gouvernement contre lui-même, et dans laquelle nous l’avons vu tour à tour, le 29 janvier, attenter à la dignité du pouvoir législatif : le 21 mars, attcnte'r aux institutions Tle 16 avril, déclarer la guerre aux idées. Après le 13 juin, il fait la ^erre aux hommes : croyez-vous qu’il en ait pour longtemps? Quoi que fasse le ministère public pour établir son accusation de com¬

plot, la ’conscience publique se range du côté des accusés ; inattaquables sur le fond, il ne leur reste qu’à se faire absoudre sur la forme.

Sans doute, et je sais le premier à le reconnaître, dans un état républicain, sous le régime du sulfrage universel, la minorité parlementaire ne peut, de la violation du pacte par la majorité, conclure immédiatement à l’insurrection. il faut que le peuple intervienne, et départage l’Assemblée. Mais où est donc l’iiisurrcction ici? où est l’attentai? J’ai lu l’acte d’accusation, je n’y ai vu partout que les remords du pouvoir. Dos journalistes ont divagué sur la Gonstitution ; des exaltés so sont mis on permanence : dos écriyains de la presse se sont donné rendez-vous, comme en février IS’rS, comme en juillet 1830, pour aviser; des gardes nationaux sont sortis eu uniforme ; c’était leur droit a tous. Dans les circonstances où ils se trouvaient, ils accomplissaient un devoir civique : tandis que le gouvernomenl, en s’o]i|iosant a la manifestation, obéissait au soin de sa défense plutôt qu’au respect de la loi. A la violation qui lui était reprochée au sujet de la guerre de Rome, il en ajoutait une secondercelledelasouvérainelé du peuple. Le ]iays était convaincu, comme les Montagnards, que la Constitution était violée ; mais,"il faut tout dire, comme il lui répugnait de livrer le pouvoir aux représontans de la déniocratio socialiste, devenus, par la détestable politique du pouvoir, les représentant de la légalité, le pays a laissé faire. Qui oserait se prévaloir de ce silence pour accuser de complot et d’attentat des hommes qui. apre.s tout, n’ont fai| qu’exprimer une des faces de l’opinion?... ^

Il semblait, il y a quelques mois, que le pouvoir, malgré son ostentation de légalité, voulût faire retraite. Le Président de l-à' République s’était élevé avec force contre les coups d’Etat : il avait écrit, sur les alfaires de Rome, une lettre, la seule jiièce honorable pour le gouvernement de tout le dossier de Versailles, par laquelle il témoignait de sa ferme volonté d’assurer aux Romainsdes institutions libérales. Enfin,surl’avis d’un ministre, les conseils généraux avaient écarté, à la presque unanimité, le projet de modifier immédiatement la Constitution.

Depuis la rentrée de l’Assemblée législative, ces bonnes dispositions ont disiiarii. Un moment la cause des accusés de Versailles était devenue, grâce h la lettre du 18 août, celle du Président de la République lui-même : l’esprit de réaction l’a emporté. A la polititjuo de l’F.lysée, l’Assemblée législative a préféré celle du Vatican ; le juste-milieu s’est immolé à l’absolutisine : la contre-révolution ])arvciiuc à son apogée, n'a plus à faire qu’à s’y maintctiir. Or, elle''tourne, disait Galilée : E pur si muore!

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