‹ Les confessions de FréronChapitre 112 sur 189 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

On prétend que le champ de l'histoire qui semble offrir à nos yeux tragiques une moisson plus abondante que celle des Grecs, n'est qu'un champ vaste et stérile, que les mêmes faits reparaissent sous des noms changés. Ce n'est pas la faute du genre, c'est celle de nos poètes.

Que de mœurs encore nous restent à peindre ! Qu'on nous représente réellement les Chinois, non pas comme dans la médiocre tragédie de X Orphelin de la Chine, drame sans coloris, sans caractères ; qu'on nous fasse voir le Japonais qui, pour un seul mot qui l'offense, meurt de rage et de douleur; que les usages, les coutumes de chaque nation soient employés avec adresse; qu'en un mot, un tragique nous transporte sur le lieu même de l'action, qu'il ne perde jamais la nature de vue, et nous aurons non-seulement des tragédies nouvelles, mais des tragédies neuves; au lieu que les Grecs étant renfermés dans un cercle étroit, la famille seule des Tyndarides leur a fourni plusieurs pièces^.

Quelle est la tragédie française qui nous déchire J(;

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