‹ Les confessions de FréronChapitre 113 sur 189 · IbuL, pages 173 et · texte numérisé non relu

IbuL, pages 173 et

oœur, ou nous émeut, ou nous touche ? Quelques larme»» viennent sur la paupière, et le sentiment ne va pas plus avant. Mais, toutes ces prétendues difficultés dont on accuse notre théâtre, ne viennent- elles pas plutôt de la faiblesse de nos poètes dramatiques?

Ce qui a produit tant de drames monotones, médiocres, c'est cette l'égle à laquelle les auteurs se sont astreints; ils nous disent, parce qu'ils l'ont entendu dire, qu'il faut que le vice soit puni et la vertu récompensée, que le théâtre doit purger les passions; ce beau mot les a précipités dans le froid, dans le contraint, dans l'invraisemblable.

Quel est l'art et le but de la scène tragique? Plaire en touchant, en faisant entrer les passions que l'on joue dans le cœur du spectateur; c'est là le secret de Melpomène.

D'ailleurs, qu'est-ce que le malheur pour la vertu? Une source de gloire quand elle sait le soutenir et le braver. L'adversité lui donne un éclat qu'elle ne peut recevoir de la bonne fortune ;malheureuso, elle est plus elle-même; elle se développe davantage, et paraît dans toute sa sublimité ^

Pourquoi le beau génie de Corneille se tourna-t-il du côté de la politique, et se fit-il admirer?

Nous sortions des gueri'cs civiles, et nous y rentrions; on était dans ces temps de trouble et de divi-

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