‹ Les confessions de FréronChapitre 128 sur 189 · Ibifl., tome VI, page · texte numérisé non relu

Ibifl., tome VI, page

événements, ils ne s'appuient que sur des conjectures chimériques ou incertaines. La contrariété de leurs opinions sur des points essentiels laisse presque toujours dans l'esprit plus d'obscurité que de lumière; et leurs témoignages opposés ne servent qu'à fonder un pyrrhonisme que la raison avoue.

La vérité, au contraire, se montre à découvert dans les pièces originales, écrites par ceux-mèmes qui ont traité les grandes affaires. Ce sont des témoins sûrs et fidèles qui ne rapportent que ce qu'ils ont vu et entendu. Le pyrrhonisme disparait à la vue de ces monuments authentiques; les vrais principes des événements se développent; les mystères sont dévoilés; les ténèbres se dissipent; on supplée h toutes les omissions des historiens; on corrige toutes leurs erreurs'.

Scaliger prétendait que toute histoire est bonne à lire , omnis Imtoria est bona\ parce qu'il n'en est aucune où l'on ne rencontre quelque fait, quelque date, quelque circonstance que l'on ignore, ou dont on est bien aise de se rappeler le souvenir.

Chaque historien envisage son sujet sous un jour différent; ce que l'un aura omis, faute d'attention et de recherches, ou ce qu'il aura rejeté, faute de discernement, un autre le rapporte, et ce n'est qu'à force de lire et de comparer les divers morceaux d'une même his-

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