‹ Les confessions de FréronChapitre 135 sur 189 · Ibid., tome III, page · texte numérisé non relu

Ibid., tome III, page

rire. Notre âme est ouverte à la tristesse plutôt qu'à la joie : telle est l'essence de notre naturel

La finesse ne va guère sans la fausseté; et cela est aussi vrai, par rapport aux ouvrages d'esprit que par rapport au commerce du monde. En effet, la plupart des pensées fines et délicates, quand on les approfondit, n'offrent que des idées fausses^

La maxime de lire pour s'amuser, qui tous les jours acquiert de nouveaux partisans, est peut-être l'avantcoureur le plus certain de la chute des Lettres parmi nous. Content du prétendu bonheur de sentir, on se refuse au travail de penser. La raison assoupie n'a pas la force d'entreprendre la lecture d'un ouvrage qui, pour être goûté, demande une certaine application. Des yeux accoutumés à un jour doux, sont blessés d'une grande lumière'.

Comme on grossit au Théâtre les vices et les ridicules, il n'y a pas de mal d'outrer dans les livres les vertus et les belles actions. On ne saurait trop exiger des hommes.

1. Lettres sur quelque s écrits de ce temps, tome IV, page 15.

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