‹ Les confessions de FréronChapitre 156 sur 189 · Ibid., 1760, tome II, pagce · texte numérisé non relu

Ibid., 1760, tome II, pagce

d'éciivaîns qui tombent les uns sur les autres dans le vaste gouffre de l'oubli^.

Le génie est comme Argus qui avait cent yeux; l'esprit n'en a que deux; un homme de génie pourrait traiter les mêmes sujets qui ont immortalisé Molière, et nous les représenter sous de nouvelles faces, peut-être aussi intéressantes que celles que nous admirons dans notre grand comique.

L'homme de génie est un géant qui connaît mille chemins, les parcourt et les remplit à la fois; l'esprit est un- nain qui ne se traîne que par une route battue, où souvent même il s'égare^.

Tout est médaille dans le moral comme dans le physique; chaque raisonnement a son exergue et son revers; c'est là le malheur de tout compositeur de recueils de pensées ; il n'en donne pas une qu'on ne puisse combattre et souvent détruire^.

La raison ne touche qu'autant qu'elle prend la voix du sentiment; on passe aux amateurs du grand œuvre }

1. VAiméc liltérnirc, 17G0, tome II, page 28. iJ. ILid., pagre 29.

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