‹ Les confessions de FréronChapitre 179 sur 189 · VERS SUR ESOPE ET LA FONTAINE · texte numérisé non relu

VERS SUR ESOPE ET LA FONTAINE

Je l'aime, ô vérité ! mais ton éclat me blesse; Éclaire-moi sans m'affliger :

Que ton flambeau, propice à ma faiblesse. Ne brille qu'à travers un nuage léger.

1. Né en 1727, mort en 1811, à l"àge de 84 ans. Laujon était secrétaire des commandements du duc de Bourbon lorsqu'eut lieu la fête chantée par Fréron. — Auteur dramatique et chansonnier agréable.

Ainsi pensait le sage ÉSOPE :

D'un tissu délicat de voiles transparents.

Censeur adroit, il enveloppe La morale du peuple et la leçon des grands.

LA FONTAINE!.. DieuK! LA FONTAINE!..

Dès qu'il parut au double mont, On vit tous les lauriers qui bordent l'Hyppocrène S'agiter, se pencher, et couronner son front,

A la nature, à la raison fidèle.

Toujours peintre, jamais auteur, Il eut ÉSOPE pour modèle.

Et n'aura point d'imitateur.

Leurs fables sont des comédies;

Les acteurs sont les animaux :

Mortels^ accourez tous, et dans leurs parodies Venez voir vos erreurs, vos vices, vos défauts.

Ici paraît l'Agneau timide.

Victime d'un loup ravissant :

Cette scène est pour l'homme avide.

Lâche oppresseur de l'innocent.

Là, jouet de la flatterie, Un Corbeau gémit, mais Iroj) tard :

Combien de sots, dans ma patrie, Sont dupés par plus d'un Renard!

Tantôt, un Baudet ridicule Fait le brave; il respire et sièges et combats :

Quo de poltrons disent tout bas :

« C'est moi que l'on a peint dans ce plaisant Hercule. »

Tantôt, après des efforts et des cris, Que renvoyaient au loin mille échos en.iphatiques, Une Montagne en couche enfante... une souris I Rimailleurs boursoufflés, prosateurs hydropiques. Ou je me trompe, ou voilà vos écrits.

Un Geai se pare avec audace Du plumage éclatant de l'oiseau de Junon : Plagiaire effronté, vil rebut du Parnasse, Au bas de cette fable on met d'abord ton nom.

C'est par cette heureuse magie Que, prêtant notre esprit aux animaux divers, LA FO^'TAI^'E, et l'Esclave, honneur de la Phrygie, Dans leurs drames charmants instruisent l'univers.

Moralistes chagrins et de Piomc et d'Athène, Et vous leurs descendants.

Tristes pédants De la Tamise et de la Seine, M'ennuîrez-vous toujours sans me rendre meilleur? Une fable d'ÉSOPE, ou du bon LA FONTAINE, Amuse mon esprit et corrige mon cœur^

1. Voyez Opuscules, 1753, tome I, page 400 à 402, et YAlmanach des Muses, 1775, pages 185 à 187.

I. Sadi Voltaire. — Projet d'une reprise de VEcossaise, en 1804,

FREROÎT ET GEOFFROY 4r

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