‹ Les confessions de FréronChapitre 32 sur 189 · Pages 4 et · texte numérisé non relu

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1. Voyez, à la fin du tome I de ÏA?mée littéraire, une Lettre de Fréron au chevalier de Cogolin, de l'Académie do Nancy.

5. C'était .Mi.hcl Lambert, rue et à côté de la Comédie-Française (aujourd'hui de V Ancienne-Comiidie) « au Parnasse. »

(( Les Lettres sia^ quelques Ecrits de ce temps forment douze volumes in-l2 complets, avec les deux premiers cahiers du tome treizième, qu'il est décidé que l'auteur n'achèvera pas. Ainsi ceux qui prenaient cet ouvrage périodique peuvent faire relier ces deux cahiers à la fin du douzième tome des Lettres. »

V Année littéraire, qui paraissait tous les dix jours par cahiers composés de trois feuilles in-12, soit 72 pages, — cinq cahiers formant un volume, — donnait huit volumes par an; la première année seule n'en a que sept. Ainsi de 17.Ï4 à 1776, pendant vingt-trois ans, Fréron a publié cent quatre vingt-trois volumes de l'Année littéraire.

Il s'adjoignit, pour collaborateurs, labbé de La Porte, Sautreau de Marsy, Baillant de la Touche, Baculard d'Arnaud, Jourdain, etc.

Si toute la réputation littéraire de Fréron (ut établie pendant sa vie, et reste attachée, après sa mort, à l'Année littéraire, il faut avouer qu'il paya sa gloire bien cher, par vingt-trois ans d'ennuis, d'épreuves et de tribulations auxquelles il finit par succomber, après avoir vaillamment lutté avec un courage presque surhumain.

J'ai dit ses ennuis, et sur cet objet, — comme sur tous les autres, — c'est Fréron seul que je veux laisser parler toujours. A propos des jeunes auteurs qui en appelaient à son jugement, se confiaient à sa critique et ne lui savaient aucun gré de ses avis ou de ses corrections, il dii :

« .Je ne puis finir cet article* sans faire observer aux auteurs qu'il est inutile qu'ils en consultent

1. Consacré au compte rendu du Souper, comédie en trois actes, en prose, jouée une seule fois par les comédiens français fpages 114 à 12-j du tome IV de YAnniie littéroirr, 1754. 12 juillet .

d'autres sur leurs ouvrages, s'ils ne sont pas disposés à profiter des conseils qu'on peut leur donner.... Je profiterai aussi de cette occasion pour prier les écrivains, j'entends ceux dont je n'ai pas l'avantage d'être connu personnellement, de ne me point prendre pour juge de leurs productions, avant qu'elles voient le jour. Ils me font assurément plus d'hoimeur que je ne mérite; mais ils doivent sentir que mes occupations ne me laissent guères de loisir. A peine ai-je le temps de lire les livres imprimés; comment puis-je avoir celui de lire les manuscrits?

<( Une autre considération non moins importante pour moi. et qui trouve ici sa place. Quelques poètes se formalisent de ce que je n'insère pas en entier dans mes feuilles les poésies qu'ils m'adressent, ou de ce que j'y fais quelquefois de légers changements. Je les prie de croire que c'est autant pour moi que pour eux que je fais usage de leurs vers; que tel morceau , souvent trop long , contient quelques tirades heureuses qui feraient plus d'honneur au poëte et plus de plaisir aulecteur, que si l'on hisérait la pièce tout entière. En un mot, je préviens, une fois pour toute, qu'on peut se dispenser de m'envoyer de ces sortes de pièces, si l'on ne me laisse la liberté d'y faire tous les retranchements, toutes les corrections que je jugerai nécessaires. Je ne cherche en cela que la gloire des auteurs et la mienne, qui serait trop cùmpromisc m adoptant indifféremment tons les

vers que je reçois, parmi lesquels il y en u d'absolument mauvais que je rebute, quelques-uns de bons où je n'ai garde de rien changer, d'autres mêlés de bon et de mauvais ; c'est de ces derniers qu'il est question, et il me semble qu'on devrait me savoir quelque gré de la peine que je prends de les rendre passables. Au reste, si cette condition paraît trop onéreuse, on peut se pourvoir à d'autres journaux périodiques'. »

Les réclamations de certains auteurs médiocres avaient parfois une tournure ridiculement outrecuidante :

« Un de mes amis, M. du Port du Tertre, connu dans la République des lettres par des ouvrages qui ont été bien reçus ^, vient de m'écrire la lettre suivante, qui ne m'a pas étonné, et qui vous amusera :

<( Le chevalier de la Morlière est venu hier chez « moi, et s'est plaint amèrement de l'extrait que vous « avez fait de la Créole ^. Il trouve votre critique in- « juste, en ce que vous prétendez que cette petite co- « médie est mal écrite. Pour se venger, il a fait, non « un libelle, mais une terrible critique de vos Ecrits. « Cet ouvrage est prêt à paraître. Il ne tient cependant « qu'à vous A' éloigner la foudre qui est prête à

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