S Année littéra'oe. page
'2. Ihid., 1760, tonio III, page -Mi.
:{. IhiiL, tome V, page HVi.
Nos prophètes, à les regarder même du côté de ce qu'on peut appeler talent poétique, sont autant au-des- ^ sus d'Homère, qu'Homère est supérieur aux autr(>s poètes; je ne cesserai de le redire à nos jeunes gens, voilà les sources du vrai sublime, de celte belle, de cette grande poésie qui cache son front dans les cieux, et qui, de ses pieds, touche les voûtes de l'enfer; de cette poésie qui possède cet os magna sonaiurum dont nous parle Horace.
L'écrivain qui traite ces sortes de sujets, n'est plus un homme ordinaire; c'est un Dieu qui dicte ses oi-acles; la terre écoute en silence, et le lecteur s'élève avec g le poëte dans les cieux, où il se pénètre de la grandeur de Dieu et de la petitesse de l'homme'.
Isaïe, envisagé sous des traits profanes, est un beau génie qui répand la flamme sur tout ce qu'il touche; tous les pinceaux sont dans ses mains. Traite-t-il l'aimable ou le tendre ? C'est hi nature parée de toutes ses grâces. S'élève-t-il dnns les cieux? Il nous déploie lu magniticence d'un Dieu; il nous fait entrer dans le secret de sa grandeur. Le peint-il armé de ses vengeances? Isa'ie. si l'on peut s'exprimer ainsi, descend jusqu'à nous au milieu des éclairs et du tonnerre; nous