‹ Les confessions de FréronChapitre 57 sur 189 · L'Amiée littémiio, lome VI. pa<resl24 ei lv?."i · texte numérisé non relu

L'Amiée littémiio, lome VI. pa<resl24 ei lv?."i

voyons, sous le bras d'un Dieu exterminateur les empires se heurter, se briser, s'évanouir en poussière; nous entendons le fracas de la terre qni se dissout; en un mot, ce poëte sacré nous remplit, nous pénètre de ses images : aussi le met-on h la tète des prophètes.

Regardé d'un œil chrétien, il est l'oracle interprète du Messie; il nous l'annonce distinctement^.

Ce qui rend la lecture d'Isaïe animée de cet intérêt nécessaire à tout genre d'écrit, c'est qu'il est varié dans ses tours et dans ses images; il réunit tous les tons, au lieu que les autres prophètes sont plus monotones, plus uniformes.

Nos gens de lettres, et surtout nos jeunes versificateurs découvriront dans Isaïe les véritables beautés de cette poésie m.lle à laquelle aucune langue vivante n'a pu encore atteindre; ils y apprendront que toute poésie, de quelque espèce qu'elle soit, ne consiste qu'en images.

Par cette lecture tout à la fois sublime et touchante, ils sauront se mettre en garde contre ces novateurs qui cherchent à s'établir sur notre Parnasse, ou plutôt qui voudraient en construire un autre où les hardiesses de la poésie fussent soumises à l'équerre et au compas ; malheureux qui ne savent que raisonner, et à qui la nature a refusé l'heureux don, le don si rare de sentir-.

Le déiste et le matérialiste vont au fatalisme par le

1. L' Afutép littéi'oire, pages. SlHeX ■^Vl. ■2. Il.iil., pages 318 et :J19.

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même chemin. Tous deux cherchent à s'affranchir des lois de la morale et de la subordination qu'exige tout gouvernement; tous deux rejettent la Providence, et partent du même principe d'irréligion^

Incapable d'avoir des vertus, l'incrédulité en a emprunté les dehors, et, si l'on en croit ses élèves, elle les a rendus des génies supérieurs, à qui la nature dévoile entin les secrets de l'univers; des esprits lumineux qui découvrent la vérité et foudroient les erreurs de tous les siècles passés; des à.mes> sensibles au mérite, dans quelque religion qu'il se trouve, et compatissantes aux faiblesses de notre être; des cœurs généreux que l'amour de la patrie enflamme, et qui sont devenus les bienfaiteurs du genre humain-.

Il .serait bien à désirer que tous ceux qui entreprennent de soutenir la cause de la religion par leurs écrits eussent autant de talent que les auteurs qu'ils combattent. La force et la solidité des raisons, la justesse invincible des pi'euves, ne sont pas des ai-mes suftisant(\N pour lutter avec succès contre quelques écrivains philosophes; il faudrait que l'apologiste delà religion \)o>-

1. V Année littéraire, tome VII. iiagc Mi). ■2 Ihitl.. patfos 17 o\ IH.

sédât oncoro le grand art dintéressor ses lecteurs, qu'il sût tempérer la sécheresse des arguments théologiques par les grâces du ^le, et qu'à la science de l'école, il joignît les qualités du littérateur et de l'homme de goût^

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