‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 116 sur 213 · Ibiil., pages 67 et · texte numérisé non relu

Ibiil., pages 67 et

crois, la gaieté de l'esprit que 1* méchanceté du cœur *»

Quand on traduit en vers, c'est plus la forGe du coloris que l'on cherche que la ressemblance parfaite de l'image; la copie ne rend guère que lefeade l'original. Les grâces, et souvent la vérité restent là... C'est sans doute le suprême inconvénient dans la prose ; mais, la fidélité v trouve moiûs d'obstacles 2 .

Je suis bien éloigné de penser que les Variante$ T c'est-à-dire les différents degrés de perfection qu'un auteur donne à son ouvrage, sont des objets précieux; qu'il faut recueillir avec une sorte de respect et de vénération tous les divers changements que font les écrivains .célèbres, pour les comparer ensemble, et que l'étude de cette laborieuse confrontation doit former de grands hommes.

Je crois, au contraire, qu'il faut d'abord envisager le beau, le parfait, parce qu'il frappe bien davantage au premier coupd'œil, toujours suivi de la surprise et de l'admiration, que quand on le voit arriver, pour ainsi dire à pas lents et par succession d'idées.

h L 'Année littéraire, pages 143 et 14 i.

^, Ibid n pages 211 et 212.

Que produit pour l'ordinaire tout ce fatras d'observations? L'ouvrage manque sou effet; ou voit les cordes et tous les ressorts de la machine; il n'y a plus d'illusion 1 .

Ce n'est point dans ces travaux minutieux qu'il faut observer le développement de l'esprit humain, et suivre la marche de quelques génies privilégiés, mais plutôt dans leurs ouvrages mêmes, en comparant ensemble ceux de la jeunesse et ceux de la maturité du goût. C'est dans cette étude vraiment utile qu'on peut puiser des secours certains et des règles sûres pour les imiter,, ou du moins pour les admirer avec connaissance de cause 2 .

On sait aujourd'hui mieux que jamais, qu'en littérature comme en gouvernement l'Anglais porte tout à l'extrême ; il connaît aussi peu les justes bornes du théâtre que celles de la guerre. Outré dans l'un et dans l'autre, il prend pour vertu son excès même.

Par quelle espèce de vertige empruntons-nous donc de lui des sujets dont l'imitation même peut devenir contagieuse et funeste à notre scène ? Pourquoi se familiariser avec des écrivains dont le mérite est dans l'exagération et souvent dans l'extravagance ? On a beau corriger leurs.pièces, il y reste toujours un mau-

1. Ceei est encore à l'adresse de Voltaire qui usait largement et abusait des Variantes, dans ses œuvres poétiques.

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