L'Année littéraire, pages 219 et
vais levain, et ce levain corrompt (passez-moi cette -«
expression) la meilleure pâte dramatique. i
Chez l'Anglais, beaucoup d'auteurs comiques font |
paraître du génie ; pas un seul ne montre du goût. j
C'est toujours quelque chose, me dira-t-on, que de
perfectionner; j'en conviens, pourvu qu'on choisisse '
des sujets propres à cette perfection. Ce n'est pas dans , le sol anglais que naissent ces plantes heureuses, et pour
le Comique, l'Espagne vaut beaucoup mieux. Mais, j
sans mettre l'étranger à contribution, que ne profitons- |
nous de nos richesses ? Molière, Molière, voilà le grand ' maître et le vrai modèle x .
Le genre poissard dont Vadé est créateur et dans lequel il a excellé n'est point un genre méprisable, et il y aurait certainement beaucoup d'injustice à le confondre avec le burlesque, cette platitude extravagante et facile du dernier siècle, qui ne pouvait subsister longtemps parmi nous.
Le burlesque ne peint rien; le poissard peint la nature, basse si Ton veut, aux regards dédaigneux d'une certaine dignité philosophique, mais très-agréable à voir, quoiqu'en disent nos délicats.
Un tableau qui me représente avec vérité une guinguette, des gens du peuple dansante, des soldats buvant et fumant, n'a-t-il pas droit de me plaire ?
Vadé est le Teniers de la littérature, et Teniers