‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 117 sur 213 · L'Année littéraire, pages 219 et · texte numérisé non relu

L'Année littéraire, pages 219 et

vais levain, et ce levain corrompt (passez-moi cette -«

expression) la meilleure pâte dramatique. i

Chez l'Anglais, beaucoup d'auteurs comiques font |

paraître du génie ; pas un seul ne montre du goût. j

C'est toujours quelque chose, me dira-t-on, que de

perfectionner; j'en conviens, pourvu qu'on choisisse '

des sujets propres à cette perfection. Ce n'est pas dans , le sol anglais que naissent ces plantes heureuses, et pour

le Comique, l'Espagne vaut beaucoup mieux. Mais, j

sans mettre l'étranger à contribution, que ne profitons- |

nous de nos richesses ? Molière, Molière, voilà le grand ' maître et le vrai modèle x .

Le genre poissard dont Vadé est créateur et dans lequel il a excellé n'est point un genre méprisable, et il y aurait certainement beaucoup d'injustice à le confondre avec le burlesque, cette platitude extravagante et facile du dernier siècle, qui ne pouvait subsister longtemps parmi nous.

Le burlesque ne peint rien; le poissard peint la nature, basse si Ton veut, aux regards dédaigneux d'une certaine dignité philosophique, mais très-agréable à voir, quoiqu'en disent nos délicats.

Un tableau qui me représente avec vérité une guinguette, des gens du peuple dansante, des soldats buvant et fumant, n'a-t-il pas droit de me plaire ?

Vadé est le Teniers de la littérature, et Teniers

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