‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 135 sur 213 · Ibid., 1762, tome I, page · texte numérisé non relu

Ibid., 1762, tome I, page

CRITIQUE UTT&BAIRE. 369

nous montrer la nature, et aujourd'hui nous la rendons méconnaissable en l'étouffant sons la parure de l'art 1 .

Corneille est peut-être le peintre le plus fidèle qui nous ait présenté des tableaux deTesprït et du caractère romain. On voit que ce grand homme a changé de pinceaux avec les âges de la puissance romaine; assurément il ne peint point Auguste sous les couleurs d'Othon ou de Sertorius * .

C'est le privilège de la grande poésie d'animer les objets les plus matériels. Le6 prophètes, les premiers de tous les poètes, personnifient les portes de Sbn, les chemins de Jérusalem; ils leur prêtent des sentiments de douleur, de joie, de vengeance.

Dn grand poète est un dieu qui .secoue le flambeau de la vie sur tout ce qui l'environne ; il est ennemi du repos et delà matière; il lance partout le mouvement, l'âme, ce feu moteur, le principe de l'existence 3 .

Dégoûtés depuis quelque temps de notre littérature r nous nous rejetons avec avidité sur les productions

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