X PRÉFACE
Cependant, malgré tant de moyens et de sources d'informations, nous ne connaissons pas la littérature du dix-huitième siècle ; à peine quelques noms, et de ces quelques noms peu d'œuvres sont du domaine des études modernes des catholiques. En somme, on a plus Iules Lettres persanes que YEsprit des lois, les tragédies de Voltaire que sa correspondance, etc., etc., etc.
Dans cette époque si remplie, Fréron est un cicérone instruit; il en sait à fond l'histoire, et il en parle à merveille la langue, dont aucun secret ne lui est étranger : il ne dit que ce qu'il a vu; ses modèles, il les a pratiqués et connus, en quelque sorte, en déshabillé.
Du dix-huitième siècle, Voltaire n'a fait que la caricature, que l'on prend cependant pour le portrait; or, la caricature peut, tout au plus, servir de moyen de contrôle... et encore avec combien de prudence !
Fréron, lui, a peint le portrait; s'il exagère quelquefois, ce n'est que pour mieux accentuer la physionomie et lui donner un relief qui la mette en pleine lumière.
C'est dans cette galerie de types que nous voulons introduire les gens de goût et de sens.
Il est aussi injuste de ne. voir que Voltaire,