‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 54 sur 213 · L'Année littéraire, 1772, tome I, pages 8 à · texte numérisé non relu

L'Année littéraire, 1772, tome I, pages 8 à

lEè CONFESSIONS DE FRERON. 13].

célier; il ne voudra pas déshonorer à ce point la littérature 1 . »

Clément avait publié des Lettres à Voltaire 9 , sur les principaux ouvrages poétiques de ce despote de la littérature; le philosophe, indépendamment du torrent d'injures qu'il répandit sur son censeur, lui donna le surnom d' Indément. Voltaire redoutait de voir Clément succéder à Fréron au privilège de Y Année littéraire; il en fut quitte pour la peur. Mais Fréron , dans quelques pages trèsremarquables d'accent et de vues, fit, à la même époque, le tableau le plus vrai de la littérature d'alors, en dévoilant les menées et les intrigues des sophistes, en même temps que leurs complots contre l'ordre religieux et moral. Ce tableau semble achevé d'hier, tant il nous retrace la tactique de la bohème actuelle, — digne fille et naturelle héritière des traditions de sa mère, la philosophie du dixhuitième siècle.

Nul n'aura de l'esprit hors nous et nos amis,

Voilà le mot d'ordre de cette dangereuse et immense franc-maçonnerie dont Voltaire était le chef, et dont nous Voyons découler les excès et les périls de la littérature de notre temps. Ces pages sont donc du plus haut intérêt; ces révélations n'ont jamais été faites avec autant d'énergie que par Fréron, qui jugeait les ennemis de la religion, des lois et de tout frein social avec une sagacité merveilleuse que jamais rien ne put mettre en défaut, — ni les menaces, ni la prison, ni les avances flatteuses de Voltaire, armes si perfides pour tous les esprits qui en subirent l'atteinte empoisonnée»

Le correspondant auquel il s'adresse n'est qu'un être de raison, comme nous l'avons déjà dit; c'est aux hommes

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