Très-médiocre recueil
« Paresseux, non ; lent, parce que je suis difficile, oui. Quoi qu'il en soit, j'avais il y a dix ou douze ans un libraire qui tous les jours me persécutait pour que je fisse paraître régulièrement mes numéros. Il ne cessait de me répéter : Vous ne connaissez pas le public; il n'y regarde pas de si près, tout lui est bon, pourvu qu'on soit exact; donnez4ui des drogues plutôt que de le faire attendre. Et moi je lui disais : Vous vous trompez ; ayez du public une toute autre idée. Voyez si les drogues de Marmontel, de d y A quin, de le Brun, de Y abbé de la Porte, etc., réussissent beaucoup, quoiqu'ils soient de V exactitude la plus exemplaire...
« L'abbé de Pons disait : Vexactitude est le sublime des sots. Je ne cite cette assertion que comme une plaisanterie. Mes bons amis les philosophes ne manqueront pas de la prendre pour une vérité, et de dire qu'il ne dépendrait que de moi d'être sublime. Mais qu'ils trouvent ou ne trouvent pas de justesse dans le mot ingénieux de Tabbe de Pons, si ma santé me seconde, vous n'aurez plus à vous plaindre, monsieur, de mes lenteurs involontaires 1 . »
Les dernières années de Fréron furent assombries par des luttes de plus en plus pénibles, — luttes contre ses ennemis, luttes contre la maladie surtout. Dans les pre-