IbifL, tome V, page
Nos prophètes, à les regarder même du côté de ce qu'on peut appeler talent poétique, sont autant au-dessus d'Homère, qu'Homère est supérieur aux autres poètes; je ne cesserai de le redire à nos jeunes gens, voilà les sources du vrai sublime, de celte belle, de cette grande poésie qui cache son front dans les cieax, et qui, de ses pieds, touche les voûtes de l'enfer; de cette poésie qui possède cet os magna sonaturum dont nous parle Horace.
L'écrivain qui traite ces sortes de sujets, n'est plus un homme ordinaire; c'est un Dieu qui dicte ses oracles; la terre écoute en silence, et le lecteur s'élève avec le poète dans les cieux, où il se pénètre de la grandeur de Dieu et de la petitesse de l'homme 1 ,
Isaïe, envisagé sous des traits profanes>.est un beau génie qui répand la flamme sur tout ce qu'il touche; tous les pinceaux sont dans ses mains. Traite-t-il l'aimable ou le tendre ? C'est la nature parée de toutes ses grâces. S'élève-t-il dans les cieux? Il nous déploie la magnificence d'un Dieu; il nous fait entrer dans le secret de sa grandeur. Le peint-il armé de ses vengeances? Isaïe, si l'on peut s'exprimer ainsi, descend jusqu'à nous au milieu des éclairs et du tonnerre; nous