‹ Les confessions de Fréron (1719-1776): sa vie, souvenirs intimes et anecdotiques, ses penséesChapitre 85 sur 213 · V Année littéraire, 1757, tome I, pages 121 et · texte numérisé non relu

V Année littéraire, 1757, tome I, pages 121 et

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se montre, il se livre à son peuple; il permet, il aime qu'on rapproche; sa garde l'environne moins pour la sûreté que pour la dignité; sans soupçons, sans défiance peut-elle imaginer, peut-elle prévoir qu'on en veuille à la vie d'un maître si doux et si chéri? Cette sécurité, bien naturelle, laisse un libre passage à la fureur d'un scélérat.

Au contraire, un tyran est ingénieux et fertile en précautions ; ses remords le rendent vigilant, il se dérobe, il se cache au peuple qu'il opprime; sa Cour, d'ailleurs, n'est composée que de méchants comme lui, tous intéressés à sa conservation. Les honnêtes, les bons, les vertueux citoyens n'habitent point son palais; ils s'éloignent, ils gémissent, et comme ils sont incapables d'actions lâches et barbares, il exerce à loisir ses injustices et ses cruautés l .

Les ennemis de la religion n'emploient jamais que les mômes armes pour la combattre, et ils voudraient qu'on eût recours à de nouvelles raisons pour la défendre. Les génies du premier ordre ont triomphé mille fois des plus subtils adversaires qui ont tenté de la détruire, ou qui s'efforçaient d'en affaiblir l'origine et la vérité sous des tours différents; ils ont reproduit et reproduisent encore les mômes difficultés. Les réponses si victorieuses doivent donc ôtre les mêmes a .

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