L ŒUVRE DE CHARLES DUCLOS
langue latine. Sa mère l'envoie alors à Paris, à l'académie du marquis de Dangeau, puis au collège d'Harcourt. Bien qu'atteinte dans sa fortune par sa participation aux funestes entreprises de Law, elle tint à parachever l'éducation et l'instruction de son fils, au prix de quelques sacrifices. Et même lorsqu'il manifesta l'intention de faire ses études de droit, il obtint une pension qui lui permit de vivre honorablement.
C'était alors la fin de la Régence, le règne des grandes dames aux mœurs faciles, des filles d'Opéra ou des « Roués » complaisants : il fallait à un jeune homme une peu commune force d'âme pour résister au courant de dissipation désordonnée et malsaine qui entraînait la Cour et la ville vers l'oubli de toute pudeur, de tout orgiieil. Duclos, malgré l'ardeur immodérée qu'il avoue lui-même avoir eue pour les femmes, les aimant toutes et n'en méprisant aucune, fut gardé de tout excès par un tempérament foncièrement honnête et loyal. Le portrait qu'il nous a laissé de luimême, et qui ressemble à une consciencieuse confession, explique assez bien la force de sa résistance :
« Je me crois de l'esprit et j'en ai la réputation ; il me semble que mes ouvrages le prouvent. Ceux qui me connaissent personnellement prétendent (]ue je suis supérieur à mes ouvrages. L'opinion qu'on a de moi à cet égard vient de ce que, dans