‹ Les confessions du Comte de ***. Acajou et Zirphile. Introd. et notes bibliographiquesChapitre 3 sur 11 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En 1742 Duclos publiait les Confessions du comte de *** qui furent tirées à un nombre consi dérable d'exemplaires, et consacrèrent sa réputation.

Puis après un essai malheureux au théâtre en vers, avec un ballet en trois actes, les Caractères de la folie ^ il reprend le cours de ses mémoires pour l'Académie et commence un important travail historique sur Louis XI, dont il était chargé par le roi.

Cependant en 1744 il écrivait pour se délasser l'esprit. Acajou el Zirphile, d'après une illustration déjà composée.

Mais l'année suivante il publiait sa fameuse Histoire de Louis AT, qui lui valait une lettre de félicitations de Voltaire terminée par ces mots : « Bonsoir, Salluste. »

Le 20 janvier 1747 Duclos était admis à l'Académie Française, après avoir été dispensé, par flatteuse exception, de toutes les visites traditionnelles. M™^ Geoffrin lui adressait alors de Passy à Rennes où il se trouvait, la lettre suivante :

« Je vous embrasse bien vite des deux côtés, « mon cher Duclos, et je vous fais les embrassa- « des de vos confrères les bètes. Vous avez eu « 23 voix sur 24. L'abbé Le Blanc en a eu une ; « nous tâcherons de deviner qui a voulu ainsi per- « dre sa voix. M. de Richelieu est venu de Ghoisy « pour vous donner la sienne, et est venu ensuite

« à Passy pour m' annoncer votre élection, mais « j'avais pris mes précautions pour le savoir plus « tôt. Savez-vous bien que c'est une joie, même « parmi nos domestiques ?

« Adieu, mon cher Duclos, vous avez tant de « lettres à répondre que je vous dispense de ((■ m'écrire, pourvu, cependant, que vous veniez « bien promptement ».

Geoffrin.

En octobre 1750, Duclos est nommé historiographe de France, grâce au crédit de M™^ de Pompadour. L'année suivante, il publie les Considéralions sur les mœurs, qui reçoivent un accueil très favorable pour la loyauté des jugements, la justesse des sentiments. « Comment faites-vous, lui écrivait J.-J. Rousseau, pour penser, être honnête homme, et ne pas vous faire pendre ? »

La même année paraissaient les Mémoires pour servir à Vhisloire des mœurs du XVIIP siècle, qui sont une sorte de suite aux Confessions. C'est dans ces pages qu'il est intéressant, et même curieux, de prendre connaissance de son attitude morale vis-à-vis du beau sexe : elle lui est très personnelle.

« Votre paradis", lui disait la comtesse de Rochefort, je le connais : du pain, du vin, du fromage, et la première venue. »

Oui, au fond, il était plutôt indifférent à l'égard

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des femmes, nous voulons dire sans choix, sceptique. Le plaisir étant un instinct, le choix serait inutile, car devant la volupté les femmes se valent. Dans l'amour, ou plutôt dans les liaisons qui se couvrent du prétexte de l'amour, la force de l'habitude, l'incapacité pour deux êtres de vivre seuls, la difficulté aussi de former de nouvelles liaisons, voilà ce qui paraît souvent de la fidélité. La plupart du temps d'ailleurs on soutient son rôle par pur respect humain. On se prend devant le monde, puis le charme se dissipe avec le temps, l'illusion cesse : on s'était regardés comme parfaits, on ne se trouve même pas estimables, on se repent, on regrette, mais on n'ose l'avouer. On s'opiniâtre à vivre ensemble en se détestant, et le respect humain empêche autant de ruptures que la loi empêche de divorces.

Si le divorce était permis, un tel le réclamerait qui, dans pareille circonstance, ne romprait pas avec une maîtresse, c'est-à-dire une vieille habitude. On devrait dire aux amants qui déclarent publiquement leur liaison : « Faites provision de vertus pour remplacer l'amour. »

Duclos aurait goûté sans doute, sauf évidemment certaines recherches de perversion, le procédé de la « bonne camaraderie » prôné par un romancier poète moderne, et qui consisterait, après les premières expansions où l'instinct s'est satisfait, à créer entre les amants ces relations aimables, sans

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chaîne, sans exigences, où le corps et l'esprit trouvent leurs plus précieux agréments.

C'est à ce doux scepticisme qu'on doit les scènes si amusantes des Confessions dans lesquelles le jeune colonel conte ses bonnes fortunes, esquisse ses amours rapides avec la coquette, la dévote, la caillette, la marchande, la financière, tous types bien observés dans les différents milieux du xviii^ siècle.

En 1755, Duclos est nommé secrétaire perpétuel de l'Académie Française, et dès lors il donne tous ses soins à la docte Assemblée. De 1766 à 1767, il fait un voyage en Italie ; puis à son retour, il travaille aux Mémoires secrets sur le règne de Louis XIV, la Régence et le règne de Louis XV.

Le 26 mars 1772, il meurt au vieux Louvre, dans son appartement de secrétaire perpétuel, laissant deux cent soixante mille francs amassés par son talent.

Les Confessions du Comte de***, écrites par lui-même à un ami. Amsterdam, 1741, deux tomes en 1 volume in-12.

Réimpressions :

Amsterdam, 1742, plusieurs éditions; — La Haye, 1765.

Londres et Paris, 1776^ deux parties en 1 volume in-S".

Paris, Didot l'aîné, 1781, 2 volumes in-18.

Amsterdam, 1783, gr. in-S'', avec sept figures de Desrais. « Les figures sont assez belles, écrit Coiien, surtout la sixième. Quant à la dernière, elle n'est guère en rapport, par son extrême réserve, avec le texte qui dit : « Elle nous trouva dans une situation qui n'était pas équivoque. »

Paris, 1880. Librairie Quantin, avec notice bio-bibliographique par Octave Uzanne.

Paris, 1888. Librairie des Bibliophiles, 1 volume in-16.

Paris, 1^89. Librairie Dentu, 1 volume in-16.

Acajou et Zirphile, conte. (Composé par Duclos pour utiliser les gravures qui avaient été faites pour Faunillane, ou VInfante jaune., du comte de Tessin (Badinopolis, Paris, 1741), tiré à 4 exemplaires seulement). — Minu-

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tie, Paris, 1744, in-4^ et in-12. Un frontispice, un fleuron sous le titre par Gochin, un cul-de-lampe à la fin de lepître au public, une vignette page 1 , neuf gravures hors texte par Boucher.

Réimpressions :

Lausanne, 1746, in-12, sans figures.

Minutie, Paris, 1770, in-12.

Paris, Didot l'aîné, 1780 (collection du comte d'Artois).

Paris, 1880, librairie Quantin.

N.-B. — Dans l'édition iii-4° de Minutie, 1744, figurant à la Bibliothèque Nationale (Inv. Rés. y' 745), on a joint la Réponse du public à Fauteur d\Acajou.

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