II DUCLOS
cette intention que nous rééditons ses Confessions du Comte de ***, un livre qui n'est pas seulement un très remarquable roman, mais encore un document précieux pour l'histoire des mœurs du XVIW siècle.
Charles Pinot Duclos était Breton, et nous pourrons constater dans son caractère plus d'un trait de la ténacité proverbiale de sa race. Il naquit à Dinan, le 12 février 1704, le dernier de trois enfants, d'une « famille honnête et ancienne dans le commerce ». Son père, qu'il perdit en 1706, deux ans et demi après sa naissance, avait une fabrique de chapellerie, et y joignait la vente exclusive des fers provenant des forges de Paimpont, dont un M. d'Andigné , seigneur de La Chasse, le même qui figure comme parrain sur l'acte de baptême de notre auteur, était propriétaire. Cette mort ne nuisit pas cependant aux intérêts de la famille. Sa mère, Jeanne Le Bigot, était une maîtresse femme. Du virvant de son mari, elle dirigeait les affaires de son négoce, et elle continua à le faire après lui. Duclos a dit de sa mère : « Elle réunissoit des qualités qui vont rarement ensemble : avec un caractère singulièrement vif, une imagination brillante et gaie, elle avoit un jugement prompt, juste et ferme. » L'on verra que son fils tenait d'elle par bien des points. Sans les pertes que, plus tard, lui fit éprouver le Système, la fortune de M'"^ Duclos eut été très con-