‹ Les confessions du comte de --Chapitre 3 sur 76 · SA VIE ET SES ŒUVRES III · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES ŒUVRES III

sidérable. Telle qu'elle était, cette fortune ne laissa pas de tenter plus d'un gentilhomme épris de la cassette et aussi, disons-le, de la figure de cette veuve de quarante et un ans, qui « avoit encore de la beauté » . Au nombre des prétendants était un marquis de Boisgelin. Son titre ne parvint pas à séduire cette bourgeoise très positive, et qui, d'ailleurs, aimait passionnément ses enfants. « Elle ne vouloit pas leur donner, disait-elle, un beau-père qui, avec les meilleurs scntimens, nauroit pourtant jamais pour eux ceux d'un père. »

Avec une mère qui comprenait ainsi ses devoirs, l'on peut juger si l'enfance de Duclos fut l'objet d'une tendre et intelligente sollicitude. Ses premières années se passèrent à Dinan, et il en conserva toujours un souvenir souriant. A la fin de sa vie, il parle encore de « cette ville, située dans le meilleur air et entourée du paysage le plus agréable ». A la différence de tant d'écrivains du XVIII^ siècle, de Marmontel, de Diderot, qui, une fois venus à Paris et répandus dans la société, ne songeaient guère à leur pays natal, y revenaient peu ou point, Duclos non seulenient n'oublia jamais Dinan, mais y allait, presque chaque année, passer quelques semaines. Il songea même à y finir ses jours. Quoique très parisien, Duclos resta Breton : c'est là un des traits de son caractère.

D'ordinaire, dans les familles d'autrefois, c'étaient

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