‹ Les confessions du comte de*** [par] Ch.P. Duclos [Pref. de Henry Frichet.]Chapitre 1 sur 45 · Les confessions du comte de*** [par] Ch.P. Duclos [Pref. de Henry Frichet.] · texte numérisé non relu

Les confessions du comte de*** [par] Ch.P. Duclos [Pref. de Henry Frichet.]

On a dit avec raison que les Confessions du Comte de ***, que nous rééditons aujourd'hui, n'était pas seulement un remarquable roman, mais encore un document précieux pour l'histoire du XVîll" siècle.

Ce livre, en effet, est lin roman à portraits. Le lecteur pouvant mettre un nom sous chacun des personnages, l'ouvrage lors de sa publication fit un petit scandale et e:-îf quatre éditions successives. j La réputation de l'écrivain, à partir de ce jour, fut définitivement établie. Peu d'hommes étalent nés, j // est vrai, avec plus d'esprit. Son entretien, nous \ dit La Harpe, ressemblait à son style : une précision tranchante, des railleries fréquentes, une tournure travaillée, mais piquante, en un mot, ce qu'on appelle du trait : voilà ce qui lui donnait, dans le monde, une physionomie particulière. Personne, en

effet, ne fui supérieur à Duclos dans la conversation. Il cherchait à plaire et adorait les femmes : a Je les a'.mais toutes, dit-il, et je n'en mcprlsa's aucune. )) Au surplus, ses mots étaient souvent cruels. C'est lui qui, un jour, répliqua à Bouja'nville, candidat à V Académie Française, alors qu'il faisait valoir son âge : « L,' Académie n'est pas une Extrême-Onction ». Et une autre fois : (( L' Aicadémie n'est pas un hôtel des Invalides. » Parlant de je ne sa's plus quel mauvais écrivain, il déclarait : a Un tel est un sot : c'est moi qui le dis, c'est lui qui le prouve. »

Chéries Pinot-Duclos naquit à Dinan le 1 2 février 1 704 ; quoique habitant Paris, il allad tous les ans passer quelques semaines dans son pays natal qu'il avait, du reste, quitté de bonne heure, mais dont il garda jusqu'à la fin un souvenir attendri.

Il fit des études brillantes au Collège d'Harcourt, prit ensuite de vagues inscriptions de droit ; cependant le Code et les Pandectes étaient ses moindres soucis. Un jour, ne se donna-t-il pas le mal'n plaisir de rosser le guet pour délivrer un homme arrêté pour dettes : c'était ,déjà„ disait-il, une manière d'être avocat ; le débiteur trouva, sans doute, que c'était la bonne. Notre étudiant passait se. v'e dans les Cafés, à disputer, suivant la mode d'alors et qui devait disparaître vers le milieu du XVIir siècle, pour ressusciter avec le premier jour

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