‹ Les confessions du comte de*** [par] Ch.P. Duclos [Pref. de Henry Frichet.]Chapitre 37 sur 45 · PREMIÈRE PARUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARUE

représerriai les risques de mon retour seLis avoir accommodé mon aftairc. Il m'ourit une leUre pour M. le duc d'Orléans, et m'assura que ce prince feroù terminer mon ailaire à ma saiisfaction. Il ajouta mênje les menaces, voyant que je balançois à suivre ses. conseils ; et les menaces de la politique sont assez communénent sérieuses. En un mot, l'abbé me força de partir sans voir Milady, et me permit simplement de lui écrire. Je lui écrivis dans llos fermes les plus passionnés ; je lui marquai le regret que j'avois de la quitter ; je l'assurai que les reproches que j'aurois à me faire cvi aôceptant ses dernières propositions s'cpposoient trop aux sen' timens d un homme d'honneur, et m.'obîigcoient à partir pénétré de ses bontés, dont je ccnserverois un souvenir éternel.

Mon retour fut heureux, le régent fut «rnsible à ma situation, comme l'abbé me l'avoit assuré, et mon alïaire fut heureusement et promptement terminée. Peu de jours après mon retour à Paris, je reçus une lettre de Miî^dy, oij tout ce que l'amour outragé peut inspirer étoit exprime. E.'le finissoit par me dire un éternel adieu, et j'appris fort peu de temps après qu'elle s'étoit elle-même donné la mort. Cette nouvelle me plongea dans la plus vive douleur ; je ne fus plus sensible au plaisir de me retrouver dan? ma patrie, je m'accusai cent fois de barbarie.

L'image de l'infortunée Milady étoit toujours

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présente à mon -esprit, et même aujourd'hui je ne me la rappelle point sans émotion.

Cependant mes amis n'oublièrent rien pour -une tirer de la retraite où je m'obstinois à vivre et pour dissiper les noires impressions d^une mélancolie dont ils craignoient les suites pdbr moi. Je me prêtai d'abord par complaisance à leurs empressem.ens et à leurs conseils, et bientôt je m'y livrai par raison. Outre les motifs de chagrin qui m'étoicnt particuliers, on contracte en Angleterre un air sérieux que l'on porte jusque dans les plaisirs. Le mal m'avoit un peu gagné ; il'air et le commerce de France sont d 'excellons remèdes contre cette maladie.

Aussitôt que je m.e fus rendu à la société, mon goût pour les femmes se réveilla ; mais je fus d'abord assez embarrassé de ma personne, je retrouvai heureusement quelques-unes de mes anciennes maîtiesses assez comolai^antes cour moi. je VIS bien qu'on peut compter sur la constance des femmes, quand en n'en exige pas même l'apparcnoe de la fidélité. Cependant une conquête nouvelle métOit nécessaire, et je me trouvois dans un assez grand embarras.

Après un an d'absence, c'étoit une e.^pècc de début ; on étoit attentif au choix que j'allois fa^re : de ce choix seul pouvoient dépendre tous m.es succès à venir.

M"'* de Limeuil me parut d'abord la seule femme

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